Bruxelles, 19/10/2015 (Agence Europe) - Dernière ligne droite avant la COP 21 (30 novembre-11 décembre). Pour la session de négociations climatiques onusiennes qui s'est ouverte lundi à Bonn (19-23 octobre) au niveau des experts, l'UE appelle toutes les parties à faire preuve d'ambition pour améliorer et clarifier le projet de texte de négociation qui sera soumis à Paris aux chefs d'État et de gouvernement le 30 novembre prochain.
« C'est la dernière session cruciale de négociations onusiennes avant la COP 21. Il faut que nous améliorions le projet de texte », a écrit, lundi, le commissaire européen à l'Action pour le climat et l'Énergie, Miguel Arias Canete, sur son compte Twitter.
Même si le texte actuellement sur la table et concis et lisible, la Commission considère en effet qu'un travail substantiel reste à faire pour parvenir à le rendre clair et équilibré à souhait pour parvenir à un nouvel accord international, ambitieux, applicable à l'ensemble des États et juridiquement contraignant.
La Présidence du Conseil de l'UE, qui négociera main dans la main avec la Commission à Paris, est sur la même ligne. Carole Dieschbourg, présidente en exercice du Conseil Environnement, se félicite des progrès accomplis au cours des derniers mois. Elle salue aussi le fait qu'à moins de 50 jours de la COP 21, 150 parties aient soumis à l'ONU leur offre de contribution nationale (INDC) couvrant près de 90% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit beaucoup plus que les 14% couverts par la deuxième période d'engagement du protocole de Kyoto. « Nous sommes désormais proches d'un accord mondial », déclarait-elle vendredi 16 octobre à Luxembourg, en faisant, devant la presse, le point des préparatifs de la COP 21 (EUROPE 11409).
Pour autant, selon elle, le texte sur la table « manque d'ambition » aux yeux des Européens, et ce à plus d'un titre.
S'agissant des objectifs d'atténuation, il conviendrait que la limitation du réchauffement à moins de 2°C soit « opérationnalisée » et traduite en objectifs « compréhensibles » pour les citoyens et les entreprises. « Le mandat de l'UE appelle à développer une vision à long terme vers la neutralité climatique mondiale et durable, et la résilience au changement climatique, et, donc, à définir une trajectoire claire vers une société zéro émission au plus tard en 2100 », a- déclaré Mme Dieschboug. Cette trajectoire lui semble indispensable « pour assurer la transition vers une société durable ».
En outre, les contributions actuelles ne sont pas suffisantes pour respecter l'objectif des 2 degrés C. Le mandat de l'UE suggère donc d'introduire des cycles de réexamen de cinq ans qui permettront d'augmenter régulièrement le niveau d'ambition des objectifs. « Il en va de la crédibilité de l'accord », a-t-elle estimé. De telles étapes permettraient, d'une part, d'obtenir un accord durable dans le temps et, d'autre part, d'adapter le texte aux évolutions de la science et des technologies. « En cas de bonds technologiques, les ambitions pourraient être relevées en conséquence », a-t-elle fait valoir.
Enfin, selon Mme Dieschbourg, toutes les parties doivent encore garantir la transparence du futur accord et de ses mécanismes. Le mandat de l'UE souligne à cet égard qu'il s'agit d'assurer un régime solide fondé sur des règles communes, y compris des règles concernant la transparence et l'obligation de rendre des comptes. Il s'agit ainsi de pouvoir assurer « une certaine prévisibilité » et de pouvoir mesurer et « comparer » les efforts de chacun, a-t-elle poursuivi. Rappelant que l'objectif de l'UE est de parvenir à un accord ambitieux, juridiquement contraignant et dynamique afin de limiter le réchauffement de la planète à moins de 2°C, elle a assuré que la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l'UE fera tout pour que l'Accord universel à conclure à Paris intègre au maximum la position de l'UE telle qu'arrêtée officiellement le 18 septembre dernier (EUROPE 11392).
Même s'il est clair que l'accord de Paris ne sera qu'une étape, l'UE estime qu'il faut profiter de la dynamique qui s'est enclenchée au sein de la société civile et parmi les entreprises en faveur d'une transition énergétique et durable pour conclure cet accord universel. « La révolution dont nous avons besoin est déjà en marche et cela doit se poursuivre également avant 2020 et l'entrée en vigueur de l'accord de Paris », a déclaré la Présidente du Conseil Environnement. (Aminata Niang)