Bruxelles, 19/10/2015 (Agence Europe) - La Turquie « n'est pas un camp de concentration et refuse d'accueillir de façon permanente sur son sol les migrants dont l'Union européenne ne veut pas », a affirmé, lundi 19 octobre, le Premier ministre islamo-conservateur, Ahmet Davutoglu, cité par l'AFP, au lendemain d'une visite à Ankara de la chancelière allemande, Angela Merkel.
«Nous ne pouvons pas accepter un accord sur la base suivante: 'donnez-nous de l'argent et ils restent en Turquie' », a déclaré M. Davutoglu lors d'un entretien accordé à la chaîne de télévision A Haber. « Je l'ai dit à Mme Merkel. Personne ne doit attendre de la Turquie qu'elle se transforme en un camp de concentration où resteraient tous les réfugiés », a-t-il insisté.
Jeudi 15 octobre, la Commission européenne avait détaillé le plan d'action soumis à la Turquie pour qu'elle régule les arrivées de migrants vers l'UE et permette aux réfugiés, notamment syriens, de vivre dans de meilleures conditions dans ce pays afin qu'ils ne tentent pas de rejoindre l'UE (EUROPE 11410).
En contrepartie, Ankara bénéficierait d'un coup de pouce aux négociations visant à parvenir à un régime de libéralisation des visas pour ses ressortissants en juillet 2016, espère Ankara, ainsi qu'à celles concernant l'adhésion à l'UE (voir autre nouvelle). La Turquie n'a toutefois pas encore indiqué, à ce stade, qu'elle acceptait les conditions de cet accord, ses dirigeants multipliant les critiques publiques.
Dimanche, la chancelière allemande, Angela Merkel, a estimé avoir obtenu un progrès en liant cette collaboration avec la Turquie à une relance du processus d'adhésion. La chancelière souhaite voir s'ouvrir le chapitre économique et monétaire, ouvrant la voie à des facilités de visas, et a affirmé que le processus de candidature de la Turquie à l'entrée dans l'Union allait connaître un nouveau « dynamisme ». (Solenn Paulic)