Bruxelles, 06/10/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a rendu public, mardi 6 octobre, le plan d'action qu'elle a proposé la veille au président turc, Recep Tayyip Erdogan (EUROPE 11403) et sur lequel un « accord de principe » a été trouvé, a-t-elle expliqué dans un communiqué. Le plan d'action définit une série d'initiatives communes et d'engagements de part et d'autre, l'UE s'engageant ainsi à soulager un peu la Turquie dans l'accueil des réfugiés via des propositions de réinstallation et la Turquie devant, en échange, redoubler d'efforts pour maîtriser les flux migratoires vers l'UE et lutter contre les réseaux de passeurs.
Selon ce plan d'action en deux parties, l'UE s'engage notamment à mieux informer les réfugiés en Turquie sur les risques liés au franchissement irrégulier des frontières européennes, mais aussi sur les possibilités pour eux de venir légalement. Il s'agira, dit la Commission, de soutenir la Turquie dans la lutte contre les passeurs en soutenant les patrouilles des garde-côtes turcs. Il faudra plus de coopération sur les accords de réadmission et la politique de retour des migrants irréguliers. Un officier de liaison de Frontex sera déployé pour recueillir des informations sur les réseaux de passeurs. Des moyens supplémentaires seront donnés à la Turquie pour qu'elle améliore son système de gestion des frontières, ce qui pourrait ainsi accélérer les discussions sur la libéralisation des visas pour les citoyens turcs.
En échange, la Turquie doit renforcer les capacités d'interception de ses garde-côtes en améliorant notamment son matériel de surveillance et sa coopération avec les forces grecques, accélérer les procédures de réadmission et de retour des migrants irréguliers entrés dans l'UE via la Turquie, doper sa coopération avec la Grèce et la Bulgarie pour prévenir les flux irréguliers sur leur portion de terre commune via un centre commun à Capitan Andreevo. La Turquie est aussi priée de renforcer ses exigences de visas pour des ressortissants sur son sol susceptibles de créer une source d'immigration illégale vers l'UE. Ankara devra aussi d'une manière générale intensifier sa coopération avec Frontex.
Sur un plan plus humanitaire, l'UE s'engage à apporter un soutien financier supplémentaire. En échange, la Turquie devra améliorer les conditions de vie des réfugiés et notamment leur permettre de travailler et de mieux s'intégrer. L'idée est aussi qu'Ankara lance la création de six centres d'accueil des réfugiés que l'UE cofinancera. La mission turque auprès de l'UE a, elle, indiqué que ce plan d'action serait « revu et que des contre-propositions seraient données ». (Solenn Paulic)