Bruxelles, 28/09/2015 (Agence Europe) - Les Algériens font les comptes de leurs échanges avec l'UE et s'inquiètent de l'évolution négative, pour leur pays, du déséquilibre de la balance commerciale. Une « étude d'évaluation » de l'accord d'association réalisée par l'Agence nationale de promotion du commerce extérieur (Algex), dont rend compte l'agence de presse APS, produit des chiffres significatifs.
Selon cette source, l'Accord d'association « a saigné l'Algérie. En dix ans, les pays de l'UE ont gagné le gros lot dans leurs échanges commerciaux avec le pays: près de 200 milliards de dollars ».
L'Algérie exporte très peu et importe beaucoup de la zone euro, rappelle Alger qui note avec préoccupation l'ampleur du déficit. Le document d'Algex explique que « l'UE a exporté vers l'Algérie l'équivalent de 195 milliards de dollars en dix ans et n'a importé que 12,3 milliards de dollars ». « Les exportations algériennes n'ont enregistré qu'une légère hausse en dix ans, passant de 597 millions en 2005 à 2,3 milliards de dollars en 2014 ». En réalité, l'Algérie n'a pas grand-chose à vendre: « la nature des produits exportés vers l'Europe n'a pas beaucoup changé. Ce sont majoritairement des dérivés d'hydrocarbures. Ce qui constitue déjà un ratage pour l'Algérie, qui s'est fixé comme objectif, en allant vers cet accord de libre-échange, la promotion des exportations hors hydrocarbures ».
Selon l'agence, « une analyse approfondie » est nécessaire pour dégager une « démarche cohérente et de rigueur » afin de faire évoluer cet accord vers un accord dynamique reflétant les objectifs de la politique économique nationale. Ces chiffres seraient « annonciateurs des énormes pertes pour l'économie algérienne après la suppression totale des barrières tarifaires », dont Alger a déjà retardé l'échéance. (Fathi B'Chir)