Strasbourg, 28/09/2015 (Agence Europe) - « Nous devons examiner plus attentivement les nouvelles lois hongroises avant de nous prononcer », a déclaré Thorbjorn Jagland, secrétaire général du Conseil de l'Europe (COE), lors d'un point presse organisé lundi 28 septembre, à l'issue de sa rencontre avec le ministre de la Justice du gouvernement hongrois de Viktor Orban, Laszlo Trocsanyi.
« Personne en Hongrie n'aime la clôture érigée à la frontière avec la Serbie, mais il fallait une solution pour maintenir l'ordre public et cette clôture est efficace», a déclaré le ministre hongrois.
Outre les modalités de fonctionnement de cette installation, Laszlo Trocsanyi était venu présenter à Strasbourg le contenu des lois adoptées par la Hongrie pour répondre à la crise migratoire.
Parmi celles-ci figurent des « mesures spéciales pour agir de manière équitable dans les zones de transit où ont été installés les employés de l'Office des migrations ». « Nous avons également expliqué le rôle de juges dans ces zones, la teneur des sanctions pénales mais également les procédures mises en place en matière d'aide juridique, de soins de santé, de traduction etc. », a-t-il poursuivi.
Laszlo Trocsanyi s'est également exprimé sur le rôle de l'armée en affirmant qu'il y avait un malentendu à ce propos. « Il appartient toujours à la police d'assurer la protection des frontières ; les militaires ont simplement été appelés en renfort», a-t-il dit.
Selon lui, la difficulté de la crise réside dans le fait que la Hongrie est « un pays de transit », traversé par des personnes en route vers d'autres destinations. « Un vrai consensus européen est dès lors nécessaire », a-t-il affirmé, car les habitants des zones frontalières « n'acceptent pas les flux de migrants jusque dans leur jardin privé ».
L'équation est difficile, a-t-il admis en substance, dans la mesure où la Hongrie est décidée à « préserver l'ordre public » tout en s'engageant à respecter les normes internationales en matière d'asile - ce qui inclut le Règlement de Dublin (Union européenne) - et les modalités de circulation dans l'espace Schengen. Ainsi, les nouvelles lois hongroises sont censées, selon le ministre, contribuer à trouver un équilibre entre sécurité intérieure et droits de l'homme.
Ses arguments ont-ils convaincu Thorbjorn Jagland et ses services ? Interrogé à ce propos, le secrétaire général du Conseil de l'Europe a botté en touche et répondu qu'il s'agissait là d'une « question très compliquée ». « Nous devons examiner plus attentivement ces lois tout en gardant la possibilité d'aller plus loin », a-t-il conclu en rappelant que la Convention européenne des droits de l'homme protégeait chaque être humain partout en Europe. (Véronique Leblanc)