Luxembourg/Bruxelles, 28/09/2015 (Agence Europe) - Les consommateurs doivent être informés des répercussions néfastes sur leur santé d'une consommation excessive d'acides gras trans contenus dans de nombreux aliments industriels, a affirmé le Conseil Santé réuni jeudi 24 et vendredi 25 septembre à Luxembourg pour une réunion informelle.
Ils attendent avec impatience le rapport que la Commission européenne doit publier prochainement sur le sujet, qui permettra d'évaluer la meilleure démarche à suivre à cet égard, notamment l'utilité de règles européennes obligatoires. Un rapport qui devrait voir le jour « dans les prochains mois », a promis le commissaire en charge de la Santé et de la Sûreté alimentaire, Vytenis Andriukaitis.
Les ministres ont discuté de l'impact des acides gras trans sur la santé et des démarches à envisager pour mieux contrôler ces composants alimentaires, lors d'un déjeuner de travail, le 24 septembre. « On a un constat commun: les citoyens ne sont pas assez informés sur les répercussions d'une trop grande quantité d'acides gras trans. Nous avons un intérêt commun de bien informer les citoyens (…) avec un focus sur les aliments industriels », a souligné la ministre luxembourgeoise, Lydia Mutsch, qui présidait les discussions. « Tous les États membres appellent de leur voeux le rapport et l'attendent pour prendre position (…) L'approche est plutôt unanime, la décision finale sera prise après la publication du rapport », a ajouté le commissaire Andriukaitis.
À ce stade, deux groupes d'États membres se dessinent au sein de l'Union européenne quant à la meilleure politique à adopter pour réglementer les acides gras trans, a expliqué la ministre luxembourgeoise. Certains pays sont plutôt en faveur d'une démarche autonome au niveau national, avec la coopération de l'industrie agroalimentaire. La teneur en acides gras trans dans les aliments et le seuil maximal autorisé seraient donc déterminés de manière volontaire. Un autre groupe d'États membres sont plutôt en faveur d'une réglementation européenne obligatoire et ont demandé à la Commission une démarche pour fixer une teneur maximale en acides gras qui devrait figurer sur les aliments. L'ensemble des États membres juge, en tout cas, qu'à ce stade l'information au public n'est pas assez diffusée et estime opportun de faire figurer des informations détaillées sur les étiquettes des emballages d'aliments industriels, a ajouté Mme Mutsch. Ils ont tous souligné par ailleurs qu'une consommation excessive d'acides gras trans pouvait être à l'origine de maladies cardiovasculaires et sont unanimes quant à la nécessité de poursuivre les discussions sur ce point. Ils appellent donc la Commission à publier sans tarder son rapport en la matière. Les travaux ont pris du retard car la Commission a longuement consulté les parties prenantes, s'est justifié le commissaire Andriukaitis. Elle étudie actuellement s'il est opportun d'adopter une réglementation européenne obligatoire sur les taux d'acides gras trans, qui n'existe pas actuellement, a ajouté le commissaire. (Isabelle Lamberty)