Bruxelles, 28/09/2015 (Agence Europe) - L'Union européenne a salué le programme universel pour le développement durable, pour les quinze prochaines années, adopté dimanche 27 septembre à New York, comme « un changement de paradigme pour l'éradication de la pauvreté et le développement durable dans le monde ».
Les négociations onusiennes avaient été conclues le 3 août, et c'est le 26 septembre qu'ont été formellement adoptés les 17 ODD qui prendront le relais des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) afin notamment d'éradiquer la faim et l'extrême pauvreté, de réduire les inégalités entre les différents pays et au sein des différents pays, réaliser l'égalité des genres, d'agir urgemment pour combattre le changement climatique, de préserver les ressources de la planète.
Les ODD, rempart contre des modèles dépassés et les nouvelles menaces. Au nom de l'UE dont il s'est fait le porte-voix à New York, Frans Timmermans, vice-président de la Commission, a insisté sur le tournant historique que constitue ce programme universel. Sa mise en oeuvre, à laquelle l'UE s'engage, ne sera pas une mince affaire à en juger par les progrès inégaux réalisés jusqu'ici. L'inclusion sociale, les ressources naturelles et l'aide publique au développement sont, en effet, les maillons faibles dans l'application de la stratégie de développement durable de l'UE, selon Eurostat (EUROPE 11379).
« Les OMD, nous ont montré que le manque de développement dans certains pays est une menace pour tous. Il en va de même pour le développement insoutenable à l'échelle mondiale. Le défi aujourd'hui est de nous engager à surmonter cette menace tous ensemble », a-t-il déclaré à l'ONU, en évoquant les inégalités croissantes, l'érosion de la cohésion sociale, la compétition mondiale sans précédents pour les ressources.
Les ODD quant à eux, s'appliqueront à tous. « Leur liste est longue. Si ces objectifs ratissent si large, c'est parce qu'ils reflètent la réalité du monde d'aujourd'hui et la manière dont les problèmes d'aujourd'hui sont gigantesques, complexes, étroitement imbriqués. Les modèles qui, pour nombre d'entre nous, ont fonctionné pendant longtemps ne sont plus ceux qui fonctionneront pour nous tous à l'avenir. Nous devons redéfinir nos sociétés, notre relation avec la nature », a déclaré le vice-président.
Davantage d'aide, mais pas seulement. M. Timmermans a réaffirmé l'engagement collectif de l'UE d'allouer 0,7% de son RNB à l'aide publique au développement - un objectif qu'elle a manqué en 2015, la tendance ces dernières années étant à la baisse, chez certains États membres (EUROPE 11327). « Il n'y a pas d'excuse pour ne pas atteindre notre objectif de 0,7% pour l'aide publique au développement. C'est plus urgent que jamais. Mais cette fois, il ne s'agit pas seulement de payer la facture. Les pays assez fortunés pour avoir une économie développée ou émergente se sont engagés à jouer un rôle différent. Il ne s'agit pas seulement d'aide au développement. Le changement à opérer chez soi est tout aussi important », a-t-il estimé.
À New York, les ministres du Développement des Vingt-huit ont été conviés par la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et le commissaire européen à la Coopération internationale et de Développement, Neven Mimica, à célébrer l'adoption des objectifs du développement durable le 26 septembre. Rejoints par le président de la BEI, Werner Hoyer, et par la conseillère spéciale de Ban Ki-moon sur le programme du développement post-2015, Amina Mohamed, ils ont débattu de la mise en oeuvre du programme dans l'UE. « Nous sommes maintenant engagés à faire avancer ce programme tant au sein de l'UE que dans les politiques extérieures de l'UE en soutenant les efforts de mise en oeuvre dans les pays tiers, en particulier ceux qui sont le plus dans le besoin. La mise en oeuvre du nouveau programme 2030 sera décisive pour s'attaquer aux causes profondes de la crise des réfugiés », assurent Federica Mogherini et Neven Mimica dans un communiqué conjoint.
Les ministres européens chargés du Développement ont également eu un échange de vues sur la crise actuelle des réfugiés et sur les solutions à mettre en oeuvre pour s'attaquer aux causes profondes de cette crise en Afrique, en Méditerranée orientale et dans les Balkans occidentaux. La réunion de New York leur a également permis un premier échange de vues général sur la proposition de la Commission d'établir un fonds fiduciaire d'urgence pour l'Afrique doté d'une mise initiale de 1,8 milliard d'euros. Le Conseil Affaires étrangères, dans son format 'Développement', en débattra le 26 octobre prochain. (Aminata Niang)