Bruxelles, 15/09/2015 (Agence Europe) - Plusieurs députés de la commission des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen ont questionné la Commission européenne, mardi 15 septembre, sur le rôle que pourraient jouer des autorités nationales de compétitivité, entités dont la création est prévue par le rapport des '5 présidents' sur le renforcement de l'Union économique et monétaire (UEM).
Auteur d'un rapport spécifique du Parlement européen sur l'UEM (EUROPE 11343), Pervenche Berès (S&D, française) s'est dite « inquiète » des propositions contenues dans le rapport, lors du débat en présence des commissaires aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, et à l'Euro, Valdis Dombrovskis. « Des autorités de compétitivité et un comité budgétaire européen, pour quoi faire ? », a-t-elle interrogé. Selon elle, la première phase envisagée par le rapport des '5 présidents', qui prévoit des mesures à traité constant d'ici à 2017, « c'est le bâton », tandis que la deuxième phase, qui envisage une réforme profonde à long terme de l'UEM, « c'est la carotte qui ne vient jamais ». Afin de stimuler la convergence entre les Dix-neuf, elle a préconisé de mettre l'accent sur l'élaboration de recommandations de politique socio-économique à l'échelle de l'eurozone. Pour son homologue portugaise, Maria João Rodrigues, si la première phase du renforcement de l'UEM est focalisée uniquement sur la concurrence, sur les coûts notamment sociaux, alors ce sera la course des États membres vers le moins-disant.
Tentant de les rassurer, M. Moscovici a assuré qu'il n'y aurait pas de modèle unique pour les autorités nationales de compétitivité. Ces entités ne s'occuperont « pas que des salaires, mais aussi de la productivité » et d'« aspects sociaux », a-t-il promis. M. Dombrovskis a relevé que le facteur compétitivité était important dans une logique de concurrence internationale. « Le salaire doit évoluer avec la productivité », a-t-il estimé, soulignant que les autorités nationales de compétitivité devront aussi étudier les facteurs 'hors coûts' de la compétitivité, tels que « l'innovation ». Quant au comité budgétaire de l'UE, M. Moscovici, n'a pas caché un manque d'enthousiasme des États membres en la matière, à l'instar des autorités de compétitivité. D'après lui, le comité budgétaire de l'UE doit être un organe « indépendant » proche de la Commission.
Mi-octobre, la Commission dévoilera des propositions pour faciliter la convergence au sein de la zone euro, juste avant le lancement du processus budgétaire du 'Semestre européen' pour 2016. La procédure pour déséquilibre macro-économique (MIP) existe, mais « elle n'est pas utilisée », a noté M. Dombrovskis. Il a aussi assuré que l'utilisation des critères sociaux, notamment dans la procédure MIP, ainsi que l'implication des partenaires sociaux dans le 'Semestre européen' seraient renforcées. Il a évoqué le paquet 'employabilité' qui sera présenté d'ici à fin 2015. Celui-ci comprendra des initiatives sur les compétences et la mobilité des travailleurs, les déséquilibres entre formation et emploi et la lutte contre le chômage de longue durée.
Garantie des dépôts. Sur l'achèvement de l'union bancaire, les deux commissaires ont confirmé que l'institution européenne planchait sur la mise en chantier rapide du volet 'garantie des dépôts'. Des travaux loin de réjouir Markus Ferber (PPE, allemand) qui s'est fait l'écho de la position du gouvernement allemand dans ce dossier (EUROPE 11388). La directive encadrant les régimes nationaux de garantie des dépôts stipule qu'une révision des règles aura lieu « en 2019 », a-t-il rappelé. (Mathieu Bion)