Bruxelles, 15/09/2015 (Agence Europe) - Sylvie Goulard (ADLE, française) est d'avis qu'« il est impératif d'avancer, par étapes, vers une représentation unique de la zone euro au FMI », dans un projet de rapport d'initiative daté de début septembre.
Afin que l'Union européenne et l'Eurozone soient en mesure de défendre leurs intérêts stratégiques, il convient de mettre un terme à leur représentation « désordonnée » au sein des organisations financières internationales, tels que le FMI, l'OCDE, le G20 ou encore l'IASB qui vise à établir un système harmonisé de normes comptables, estime l'eurodéputée. Elle « exhorte » la Commission européenne à proposer des mesures appropriées pour « assurer une représentation unifiée de l'Union au sein des institutions et conférences financières internationales » de la zone euro au FMI, en gardant à l'esprit que le puissance financière de l'UE reste de premier plan, mais que son poids démographique diminue.
Spécifiquement, la libérale française estime « impératif d'avancer, par étapes, vers une représentation unique de la zone euro au FMI ». La première étape consisterait à rassembler les États membres de l'Eurozone « dans des circonscriptions spécifiques, puis au sein d'une circonscription unique sans préjudice, à terme, d'une circonscription unique pour l'Union européenne », ajoute-t-elle. Selon elle, cette question se pose avec d'autant plus d'acuité que le FMI intervient dans la zone euro depuis 2010 à travers les 1er et 2ème plans de sauvetage financier de la Grèce.
Dans le cadre de la première phase du renforcement de l'Union économique et monétaire, la Commission européenne a annoncé une proposition visant à rationnaliser la représentation externe de la zone euro au niveau international, une initiative récemment confirmée par son président, Jean-Claude Juncker (EUROPE 11385).
Mme Goulard appelle également à la suppression du double siège, au G20, de la présidence du Conseil et de la présidence de la Commission européenne - situation qui « affaiblit la crédibilité européenne à l'extérieure » - pour y substituer « un siège unique ». Les pays de l'UE membres du G20 pourraient également désigner un porte-parole sur la base d'une rotation ou définir un chef de file par sujet.
Rendre des comptes. Soucieuse que les représentants européens dans les organisations internationales rendent des comptes, la députée invite la Commission à rédiger « un code de conduite européen » spécifique. Sur cette base, l'UE pourrait pousser en faveur de l'élaboration de normes mondiales en la matière. Par ailleurs, un « dialogue financier » au niveau de l'UE serait tenu sur une base régulière afin que soient débattues les positions européennes à la veille de grandes négociations internationales et pour assurer le suivi des décisions qui sont prises à ces occasions. (Mathieu Bion)