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Bulletin Quotidien Europe N° 11383
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Berlin, Paris et Madrid accueilleraient près de 60% de réfugiés

Bruxelles, 07/09/2015 (Agence Europe) - Trois pays de l'Union européenne - l'Allemagne, la France et l'Espagne - devraient accueillir 58% des 120 000 migrants ayant droit à l'asile dans le cadre du système d'urgence de relocalisation de migrants entrés dans l'UE depuis la Grèce, l'Italie et la Hongrie que mettra sur la table la Commission européenne, mercredi 9 septembre.

L'Allemagne, la France et l'Espagne accueilleraient respectivement 31 443 personnes (26,2% du total), 24 031 personnes (20%) et 14 931 personnes (12,4%) bénéficiant d'une protection internationale, selon un tableau de répartition largement fuité dans la presse. Viendraient ensuite la Pologne (9 287 personnes soit 7,7% du total) et la Hollande (7 214 soit 6%). « La Commission européenne va proposer de répartir 120 000 réfugiés, soit 24 000 personnes pour la France. La France est prête à prendre sa part », a déclaré le président français, François Hollande, lundi 7 septembre, lors d'un point presse (voir autre nouvelle).

Durant le week-end, près de 20 000 personnes ont atteint l'Allemagne via l'Autriche, en provenance de Hongrie, désormais le 2ème point d'entrée des migrants avant la Grèce, selon la Commission européenne. Ces arrivées massives ont provoqué un mouvement de solidarité citoyenne en Allemagne, mais elles ont aussi provoqué la colère de la CSU, le parti bavarois frère de la CDU allemande. Selon la chancelière allemande, Angela Merkel, le coût de l'accueil des personnes fuyant la guerre s'élèvera à 10 milliards d'euros en 2016.

Basée sur des critères (population, richesse, taux de chômage, nombre de demandes d'asile enregistrées, efforts déjà d'accueil déjà consentis), la clé de répartition du futur système d'urgence aurait été aménagée en faveur des pays baltes et d'Europe centrale et orientale pour les convaincre d'accueillir des réfugiés sur leur territoire, selon Le Monde. En cas de refus dûment motivé, un pays pourrait participer financièrement à la prise en charge des personnes fuyant les conflits et la guerre, essentiellement des Syriens.

Seraient concernées 50 400 personnes ayant obtenu le droit d'asile en Grèce, 54 000 ayant fait les démarches en Hongrie, et 15 000 personnes en Italie. « Aucune personne ne saurait être relocalisée si elle n'a pas été enregistrée au préalable », a déclaré une porte-parole de la Commission. Elle a admis qu'une personne bénéficiant du futur mécanisme n'aurait pas le choix concernant son pays d'accueil. De même, une fois titulaire du droit d'asile, elle ne pourra pas quitter ce pays d'accueil, conformément aux règles dites de Dublin. En cas de présence avérée dans un autre État, elle serait automatiquement renvoyée dans son pays d'accueil.

Cette proposition de relocation d'urgence - à laquelle le Danemark, l'Irlande et le Royaume-Uni peuvent déroger -, s'ajoute à celle de relocaliser 40 000 migrants déjà présents en Grèce et en Italie, déjà sur la table du Conseil (EUROPE 11363). Elle sera adoptée selon la procédure de codécision où le Parlement européen et le Conseil sont co-législateurs, les États membres statuant à la majorité qualifiée.

Un paquet législatif pour répondre au défi migratoire

Ce système de répartition d'urgence constitue l'une des propositions phares du paquet législatif qui sera dévoilé, mercredi 9 septembre, par la Commission, lors du discours sur l'état de l'Union de son président, Jean-Claude Juncker (EUROPE 11382). Figurera dans ce paquet un mécanisme de répartition obligatoire des demandeurs d'asile activable en cas de crise migratoire soudaine et qui sera adopté à la majorité qualifiée des États membres après simple consultation du PE.

Face aux drames, « nous avons proposé, avec la chancelière Angela Merkel, un mécanisme permanent et obligatoire de réfugiés. Le mot important, c'est: 'obligatoire'. Il permettra de faire la différence avec ce qui s'est fait, ou pas, ces derniers mois », a souligné M. Hollande. En mission lundi à Traiskirchen (Autriche), le commissaire à la Migration, Dimitris Avramopoulos, a estimé que « tous les États membres devaient assumer leur part » de l'effort d'accueil, tout en n'étant « pas en mesure d'évaluer les besoins futurs » pour faire face à cette « crise européenne aux dimensions globales ». Il se rendra à Budapest d'ici à fin septembre.

Selon la France, le mécanisme permanent et obligatoire de relocation fonctionnera uniquement s'il s'accompagne d'autres mesures permettant de mieux gérer les flux de personnes tentant de rejoindre l'UE. Une condition pour agir efficacement, c'est un contrôle aux frontières de l'UE avec des centres pour établir une distinction entre les migrants qui peuvent être accueillis avec humanité et ceux qui doivent être raccompagnés, a estimé le président français. Situés notamment en Grèce et en Italie, ces centres ('hot spots') doivent enregistrer les personnes pouvant prétendre à une protection et faciliter le renvoi des personnes originaires de pays considérés comme sûrs, notamment les pays des Balkans qui ont vocation à adhérer à l'UE (EUROPE 11376). La Commission mettra sur la table, mercredi, une proposition spécifique sur ces pays dits 'sûrs'.

Sur le volet extérieur de la réponse de l'UE au défi migratoire, le chef de l'État français a prôné l'octroi d'une aide humanitaire « massive » aux pays limitrophes de la Syrie, qui accueillent 4 millions de réfugiés. Le commissaire Avramopoulos a plaidé pour une intensification de la lutte contre les trafiquants de migrants.

Selon l'agence Frontex, le nombre de Syriens détectés aux frontières de l'UE dans la région des Balkans occidentaux a presque quadruplé au 2ème trimestre par rapport au 1er trimestre 2015, s'élevant à 20 000 personnes. Au 2ème rang sur un total de 50 000 personnes figurent les Afghans. (Mathieu Bion)

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