Luxembourg, 07/09/2015 (Agence Europe) - Plusieurs ministres des Affaires étrangères ont mis en avant, lors du Conseil Affaires étrangères informel, vendredi 4 et samedi 5 septembre, la possibilité de mettre en place des 'hotspots' pour que les demandes d'asile soient traitées plus près des zones de conflits. Dans les faits, de tels bureaux semblent compliqués à mettre en place.
Il faudrait aller « dans des zones plus proches des conflits pour mettre les premiers centres d'accueil, de premières possibilités de contact avec les réfugiés », a expliqué le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders. Le président du parti PPE, Joseph Daul, et les vices présidents, Sebastian Kurz, ministre des Affaires étrangères autrichien, et Elmar Brok, président de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, ont aussi considéré qu'il était nécessaire d'offrir la sécurité et l'aide humanitaire « le plus près possible des lieux d'origine en créant des zones de sécurité et les centres de premier accueil dans des pays tiers où la procédure d'asile peut déjà être initiée ». « Cela va créer un moyen juridique pour les personnes qui ont besoin d'entrer en Europe et limiter le risque pour elles de tomber dans les mains de passeurs inhumains », ont-ils expliqué dans un communiqué commun publié en marge de la réunion de type Gymnich. Les hommes politiques encouragent aussi la Commission et les États membres à discuter avec les pays des Balkans occidentaux de la possibilité de mettre en oeuvre des installations 'hotspot' où les migrants seront rapidement identifiés et enregistrés à l'arrivée avant de procéder à une évaluation de leur statut. « L'UE et les États membres devraient soutenir cet effort commun avec le personnel et l'assistance technique », ajoutent-ils.
Mais pour la Haute Représentante, Federica Mogherini, ces hotspots seraient compliqués à mettre en place. « Il y a des questions difficiles » qui y sont liées, a-t-elle expliqué lors de sa conférence de presse. Ainsi, elle a mis en avant la question de l'emplacement de ces bureaux, qui ne doivent pas déstabiliser les pays dans lesquels ils seraient installés. Le coût de ces bureaux est aussi une question. « Cela va nous demander énormément de ressources que d'investir dans une telle structure internationale », a expliqué Mme Mogherini. La Haute Représentante a précisé que les personnes qui obtiendraient le statut de réfugiés devraient être accueillies en Europe. « Dès le moment où l'on envisage ces hotspots, la communauté internationale et les pays susceptibles de les accueillir devront obtenir la garantie à 100% que ceux qui peuvent prétendre à l'asile se voient conférer l'asile au sein de l'UE », a-t-elle ajouté. « Il est clair qu'il n'est pas possible d'avancer si on ne donne pas une réponse cohérente et substantielle sur ces trois éléments », a prévenu Mme Mogherini. Une source européenne a aussi souligné qu'une fois la demande acceptée, il faudrait savoir dans quel pays de l'UE serait accueilli le réfugié. Cela nécessiterait aussi des critères communs à tous les États membres. (Camille-Cerise Gessant)