Bruxelles, 26/05/2015 (Agence Europe) - L'Union européenne a dénoncé, dimanche 24 mai, la nouvelle loi sur les organisations non gouvernementales « indésirables », adoptée par le président russe, Vladimir Poutine, la veille et par la Douma le 19 mai.
Cette loi « est une étape inquiétante dans une série de restrictions concernant la société civile, les médias indépendants et l'opposition politique », a souligné la porte-parole de la Haute Représentante. « Cette loi aura un nouvel impact négatif sur le travail de la société civile en Russie. Elle va restreindre la liberté d'expression et des médias ainsi que le pluralisme de l'opinion, comme l'a souligné la représentante de l'OSCE pour la liberté des médias, Dunja Mijatovic, le 20 mai », a expliqué la porte-parole. Mme Mijatovic a considéré que le libellé de la loi était « général et imprécis ».
La porte-parole a aussi noté l'avis négatif du Conseil présidentiel russe sur les droits de l'homme, car la loi contredit également la Constitution russe.
Selon la présidence russe, la loi « prévoit que l'activité d'une organisation non gouvernementale étrangère ou internationale représentant une menace aux fondements constitutionnels de la Fédération de Russie, à la capacité de défense du pays ou à la sécurité du gouvernement, puisse être reconnue indésirable ». La loi va permettre aux autorités d'interdire les ONG étrangères concernées et de poursuivre leurs employés. Ils risqueront jusqu'à six ans de prison ou pourront être interdits d'entrée sur le territoire russe.
La Russie a déjà, depuis 2012, une loi qui oblige les ONG russes qui reçoivent un financement étranger et qui sont considérées comme engagées dans des activités politiques à s'inscrire sur le registre des « agents étrangers ». (Camille-Cerise Gessant)