Bruxelles, 26/05/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne n'a pas l'intention de proposer une nouvelle stratégie sur l'alcool, mais traitera la problématique dans un cadre global sur les maladies chroniques, a annoncé le commissaire chargé de la Santé et de la Sûreté alimentaire, M. Andriukaitis.
Participant à la session plénière du Forum européen sur l'alcool et la santé (EAHF), lundi 18 mai, le commissaire s'est dit « très concerné » par l'abus d'alcool au sein de la population européenne et a affirmé qu'il « envisage l'élaboration d'un cadre d'action » auquel participeront tous les acteurs concernés (Commission, États membres, Parlement européen, société civile et industrie). Il préfère cependant « envisager une action sur les causes principales des maladies chroniques, y compris l'alcool, mais aussi le tabac, la nutrition et l'inactivité physique ». Selon lui, les objectifs de 2006 restent d'actualité et l'action à poursuivre pour lutter contre l'abus d'alcool peut continuer à reposer sur ces objectifs, à savoir la protection des jeunes, des enfants et des enfants à naître, la réduction des accidents de la route dûs à l'abus d'alcool, la prévention des méfaits causés par l'alcool chez les adultes, la mise sur pied de campagnes pour informer et attirer l'attention sur l'impact de la consommation abusive d'alcool et l'élaboration d'une base statistique globale sur la consommation d'alcool au niveau de l'UE.
La stratégie européenne actuelle sur l'alcool date de 2006 et a expiré en 2013. Depuis, la Commission n'a proposé aucune option pour renouveler cette stratégie, au grand dam du Parlement européen, qui a voté une résolution l'exhortant à le faire, le 29 avril dernier (EUROPE 11305). Plus d'une vingtaine d'États membres, réunis en session informelle à Riga le 20 avril, s'étaient également exprimés en faveur du renouvellement d'une stratégie européenne sur l'alcool (EUROPE 11299). Sans parler des organisations de santé publique qui ont multiplié les appels pour renouveler la stratégie. Pour l'association Eurocare, les déclarations du commissaire sont décevantes. « Nous attendons depuis 2012 des développements politiques pour lutter contre les méfaits causés par l'alcool en Europe. Cela a été continuellement remis à plus tard et c'était le moment de présenter de nouvelles actions. C'est une grosse déception (de voir) que la Commission n'est pas capable de répondre aux appels du Parlement et des États membres », a déclaré la secrétaire générale d'Eurocare, Mariann Skar. (Isabelle Lamberty)