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Bulletin Quotidien Europe N° 11321
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) golfe

L'UE et le CCG très préoccupés par la situation au Yémen

Bruxelles, 26/05/2015 (Agence Europe) - L'UE et les pays du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar) ont identifié, lors de leur 24ème rencontre ministérielle conjointe, dimanche 24 mai à Doha, au Qatar, des préoccupations et priorités communes au regard de la situation au Moyen-Orient et dans la région du Golfe, en particulier au Yémen.

« La situation au Yémen est extrêmement grave. L'avance continue des forces Houthis et pro-Saleh en violation des résolutions de l'ONU est clairement inacceptable. Seule une solution politique peut restaurer la paix. L'annonce par le secrétariat général de l'ONU du lancement de consultations inclusives menées par les parties yéménites le 28 mai à Genève est un pas bienvenu », a commenté la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, qui co-présidait la réunion aux côtés du ministre qatari des Affaires étrangères, le Docteur Khalid bin Mohammad Al Attiyah. Les ministres de l'UE et du CCG ont convenu de la nécessité de trouver une solution au conflit sur la base de la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l'ONU, de l'initiative du CCG et des résultats de la conférence de Riyad à la mi-mai.

Sur le dossier nucléaire iranien, Mme Mogherini a donné de nouvelles assurances à ses partenaires du Golfe sur la prise en compte de leurs préoccupations en matière de sécurité régionale. « Un accord est à portée de main d'ici la fin juin », a estimé la Haute Représentante. « Nous savons que seule une solution solide et complète, qui donnerait de vraies garanties sur la nature pacifique du programme nucléaire iranien, bâtira une base solide pour la confiance mutuelle », a-elle insisté.

Sur la Syrie, l'UE et le CCG ont formulé l'espoir que les consultations bilatérales en cours à Genève mèneront à un processus politique inclusif. « L'UE participe à ce processus avec toute son énergie et salue les efforts déployés par le CCG et par l'Arabie saoudite en particulier pour faciliter la coordination interne et le rapprochement au sein de l'opposition syrienne », a commenté Mme Mogherini. Sur l'Irak, les parties ont convenu de la nécessité de développer un vrai processus de réconciliation nationale et de soutenir le Premier ministre Abadi dans ses efforts de mise en oeuvre du programme inclusif de réformes.

Sur la Libye, l'UE et le CCG ont insisté sur l'urgence que les parties libyennes parviennent à un accord sur la réconciliation nationale avant le Ramadan. « C'est une question d'une extrême importance, pour éviter le vide dont les activités terroristes et les réseaux terroristes pourraient profiter, et parce que nous devons faire face à la terrible situation des demandeurs d'asile et des migrants », a commenté Mme Mogherini.

Enfin, sur le processus de paix au Moyen-Orient, l'UE et le CCG ont convenu de la nécessité de « travailler avec une énergie nouvelle pour relancer un processus de paix arrêté depuis un an », a expliqué Mme Mogherini. « L'absence de progrès peut conduire à de mauvaises nouvelles très bientôt. Les tensions peuvent reprendre en Cisjordanie et à Gaza, si nous ne disposons pas de nouveaux développements positifs sur le terrain et en termes de perspective politique », a-t-elle expliqué, appelant de ses voeux un engagement du CCG révisant l'initiative de paix arabe.

Les ministres ont aussi discuté d'autres questions globales d'intérêt commun, en particulier la lutte contre le terrorisme, et ont souligné l'importance d'une coordination étroite sur ce dossier.

Au plan bilatéral, l'UE et le CCG ont souligné l'importance de renforcer encore leurs liens, « pour servir en tant que base solide et efficace pour la sécurité et la stabilité régionale et internationale ». Les deux parties ont salué le renforcement de leur dialogue politique. La coopération économique et politique entre l'UE et le CCG est régie par l'accord de coopération de 1988.

En matière commerciale, les deux parties se sont félicitées de ce que les échanges bilatéraux aient atteint 148 milliards d'euros en 2014, soit une hausse de 50% par rapport à 2010. Les négociations de libre-échange entre l'UE et le CCG ont été suspendues par la partie arabe en 2008. Des contacts informels ont tenté depuis de trouver une base pour relancer et conclure les négociations, mais sans succès jusqu'ici. (Emmanuel Hagry)

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