Bruxelles, 26/05/2015 (Agence Europe) - La libérale française Sylvie Goulard regrette que le Parlement européen ne prenne pas davantage d'initiatives pour accroître la transparence des négociations portant sur les plans de sauvetage de pays de la zone euro en difficulté, comme la Grèce.
« Sur le contenu (des négociations en cours sur la Grèce, NDLR), je ne peux rien dire. Mais sur le processus, je suis très déçue. Une partie de cette maison n'est pas en faveur d'un débat public », a déclaré l'eurodéputée, mardi 26 mai, à quelques journalistes. Selon elle, « il manque un espace public où toutes les parties pourraient débattre devant les députés européens » afin d'insuffler un peu de démocratie dans le processus de gouvernance des plans de sauvetage de pays de l'eurozone en difficulté.
La libérale française a dit ne pas savoir si et quand les dirigeants de la Grèce, de la BCE et de la Commission européenne allaient répondre favorablement à l'invitation de la conférence des présidents de groupes du Parlement qui souhaiterait débattre à huis clos des réformes qui seraient demandées à la Grèce en échange du maintien de la perfusion financière (EUROPE 11319 et 11314). Les groupes Verts/ALE, ADLE, ELDD et CRE auraient souhaité un débat public, mais les groupes PPE, S&D et GUE/NGL s'y étaient opposés.
Notre groupe est favorable à un tel débat à condition qu'il ne tourne pas à « un tribunal anti-Tsipras » et qu'il ait lieu une fois les négociations en cours achevées, a précisé à EUROPE le Belge Philippe Lamberts, co-président du groupe Verts/ALE. Pour Fabio De Masi (GUE/NGL, allemand), « il n'y a aucune raison pour laquelle M. Tsipras devrait craindre un débat ».
Depuis son élection en janvier, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a déjà été reçu au Parlement européen par son président, Martin Schulz. Celui-ci s'était rendu en personne à Athènes début 2015 après que la gauche radicale Syriza eut pris le pouvoir (EUROPE 11274). Mais, selon Mme Goulard, M. Tsipras, élu notamment sur le refus de la fameuse 'troïka' des créanciers institutionnels d'Athènes, aurait pu jouer encore davantage la carte du Parlement européen. Même l'actuel ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a été invité pour un dialogue politique au sein de la commission des affaires économiques et monétaires, mais il aurait refusé, a-t-elle déploré. (Mathieu Bion)