Bruxelles, 19/05/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a affirmé, mardi 19 mai, ne pas savoir d'où venaient les rumeurs selon lesquelles son président, M. Juncker, aurait transmis, la veille au soir, un projet d'accord sur les réformes que la Grèce mènerait sans mettre en danger ses finances publiques.
Le journal grec To Vima avait rapporté l'existence d'un document transmis aux autorités grecques proposant de débloquer 5 milliards d'euros d'aide restante en échange de conditions moins strictes, notamment sur le niveau d'excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) à réaliser, mais prévoyant le maintien de la très controversée taxe sur l'immobilier.
« Nous ne pouvons pas confirmer l'existence de ce papier. Nous ignorons d'où cela vient », a déclaré Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission. M. Juncker a lui-même assuré à l'agence Bloomberg que ces rumeurs étaient fausses, tout en confirmant qu'il était personnellement impliqué dans les efforts déployés pour éviter un échec des négociations entre Athènes et ses créanciers. Selon lui, celles-ci pourront aboutir fin mai ou début juin. Il a, par ailleurs, estimé que le sommet du Partenariat oriental des 21 et 22 mai à Riga n'était pas l'endroit pour trouver un accord, ajoutant toutefois que des discussions étaient possibles en marge du sommet. Mardi, la chancelière allemande, Angela Merkel, a dit s'attendre à ce que des progrès décisifs soient réalisés au sein des forums pertinents, particulièrement le 'groupe de Bruxelles'.
M. Schinas a expliqué que davantage d'efforts étaient nécessaires pour que les positions des parties convergent sur les questions toujours ouvertes. « Nous considérons que des progrès sont réalisés, même si à un rythme lent », a-t-il répété. Les autorités grecques semblent plus optimistes. « Nous sommes très proches » d'un accord, « je dirai que c'est l'histoire d'une semaine », a dit le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, lors d'une interview lundi soir à la chaîne Star.
Ces déclarations contrastent avec l'inquiétude affichée par le président du groupe S&D au Parlement européen, l'Italien Gianni Pittella. « Très inquiet », il a mis en garde contre le « danger » de ne pas parvenir à un accord, estimant que la zone euro devait adopter une attitude plus conciliante. Pour le groupe ADLE, le Belge Guy Verhofstadt a déclaré que les acteurs clés des discussions devaient venir justifier leur action devant le PE. La conférence des présidents du PE a convenu la semaine dernière d'inviter le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, les présidents de la Commission, de l'Eurogroupe et de la BCE ainsi que les coordinateurs de la commission économique du PE en vue d'une discussion à huis clos sur le dossier grec (EUROPE 11314). Mardi, la BCE a indiqué ne pas encore avoir reçu d'invitation. (Elodie Lamer)