Bruxelles, 19/05/2015 (Agence Europe) - L'Union européenne a condamné, lundi 18 mai, la tentative de coup d'État au Burundi et appelé toutes les parties - autorités, forces politiques et société civile - à s'engager « dans un dialogue politique inclusif et transparent » pour résoudre leurs différends de manière pacifique.
Les conclusions adoptées sans débat en marge de la réunion du Conseil Affaires étrangères expriment la « profonde préoccupation » de l'UE face à la situation de grande fragilité créée par ce coup d'État manqué contre le président Pierre Nkurunziza qui brigue un troisième mandat, et au « risque d'exacerbation des divisions au sein de la société burundaise ». L'UE est également préoccupée par les déplacements massifs de population qu'entraînent ces tensions politiques et par la détérioration de la situation humanitaire.
Partant, elle appelle toutes les parties à « tenir compte de l'intérêt supérieur du pays et à chercher des solutions respectueuses des accords d'Arusha », socle sur lequel la paix et la démocratie se sont construites depuis 2000.
L'UE partage la conclusion du Sommet de la Communauté d'Afrique de l'Est, à savoir que les conditions propices à l'organisation des élections ne sont pas réunies et qu'un report est indispensable dans les limites constitutionnelles. Elle réitère, à cette occasion, que son appui au processus électoral et la présence effective de sa Mission d'observation électorale sont subordonnés à ces conditions et souligne qu'il appartient « à la majorité comme à l'opposition d'assurer un contexte propice à la tenue d'élections ».
L'UE exprime tout son soutien aux efforts déployés par les Nations Unies, à l'action de l'Union Africaine et aux initiatives de la Communauté d'Afrique de l'Est pour faciliter le dialogue entre les parties et le retour du pays à la stabilité. Elle félicite l'Union africaine d'avoir pris la décision de déployer le plus rapidement possible des observateurs des droits de l'homme dans le pays.
Le respect des droits de l'homme faisant partie des éléments essentiels de l'Accord de Cotonou liant l'UE au Burundi (comme à 78 autres pays ACP), le Conseil précise que l'UE est prête, pour sa part, à envisager des mesures restrictives à la coopération avec le Burundi et déterminée à adopter, le cas échéant, des sanctions avec le soutien du Conseil de sécurité contre les acteurs responsables d'une perpétuation de la violence et d'entrave à la recherche d'une solution politique.
Dès le 13 mai, Federica Mogherini, Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, avait appelé tous les acteurs à la retenue et invité ces derniers « à prendre toutes les mesures en leur pouvoir pour garantir que les droits de l'homme soient respectés pour tous les Burundais ».
Mettant en garde contre le risque de voir anéantis « les progrès considérables accomplis par le Burundi ces dernières années », elle avait également rappelé que « la tenue d'élections inclusives, crédibles et transparentes, dans un environnement politique dépourvu d'intimidation ou de violence, était un élément essentiel des accords d'Arusha ».
« Les conditions de telles élections doivent être rétablies aussi rapidement que possible pour permettre au peuple de choisir un gouvernement légitime et constitutionnel », avait déclaré la Haute Représentante. (Aminata Niang)