Bruxelles, 11/05/2015 (Agence Europe) - Les Européens ont souligné, depuis samedi 9 mai, leurs inquiétudes concernant les affrontements dans la région de Kumanovo, dans le nord de l'Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), non loin des frontières kosovare et serbe. Au moins 22 personnes ont été tuées et une trentaine blessées lors d'affrontements entre la police et des dizaines de membres d'un groupe armé. Ce groupe, qui serait « venu d'un pays voisin », selon la police, serait d'origine albanaise et compterait parmi ses membres des citoyens de l'ARYM, du Kosovo et d'Albanie.
Dans des communiqués séparés, le commissaire aux Négociations d'élargissement, Johannes Hahn, et la Présidence lettone de l'UE ont appelé les autorités et les dirigeants politiques et communautaires à coopérer pour prévenir toute escalade de la violence et pour rétablir le calme. M. Hahn a demandé à ce que les parties enquêtent « pleinement sur les événements de manière objective et transparente dans le cadre du droit ». « Prévenir la violence et fournir une enquête transparente sur les incidents vont jouer un rôle clé pour rétablir la stabilité », a souligné la Présidence lettone. M. Hahn a demandé « instamment » à tous les acteurs « la plus grande retenue », expliquant que « toute nouvelle escalade devait être évitée » car cela est dans l'intérêt de la stabilité générale de l'ARYM. La Présidence lettone a aussi condamné « les attaques des militants contre les institutions gouvernementales et les autorités locales ».
Lors d'un point presse, lundi 11 mai, M. Hahn a ajouté que les attaques ne devaient pas détourner l'attention de la situation politique dans le pays. Il a rappelé que l'UE avait appelé le gouvernement et l'opposition à commencer à coopérer (EUROPE 11310). Les événements « ne devraient pas être vus comme un prétexte pour ne pas résoudre les problèmes fondamentaux auxquels le pays fait face », a-t-il expliqué. L'opposition accuse le gouvernement de vouloir détourner l'attention de l'opinion publique, alors que les manifestations contre la majorité se multiplient et que gouvernement et opposition s'accusent mutuellement d'espionnage et de corruption. Pour le commissaire, les événements ne doivent pas non plus être utilisés « pour créer davantage de complexité en introduisant des tensions ethniques ».
M. Hahn a précisé qu'il ne comptait pas « pour le moment » se rendre en ARYM, mais que cela n'était pas non plus exclu. (Camille-Cerise Gessant)