Bruxelles, 11/03/2015 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté trois rapports, mercredi 11 mars, énonçant sa position sur le processus budgétaire du 'Semestre européen' en vue du Conseil européen de printemps qui marque une étape intermédiaire dans la définition des politiques socio-économiques de l'UE.
Les députés valident globalement l'approche contenue dans l'Examen annuel de la croissance pour 2015 de la Commission européenne qui repose sur le triptyque suivant: - stimuler, sans créer de nouvelles dettes, les investissements dans des secteurs clés (infrastructures, éducation, recherche) ; - poursuivre les réformes structurelles (marché du travail et des retraites, flexibilité des marchés des produits et de services, réforme des administrations publiques) ; - maintenir la responsabilité budgétaire (EUROPE 11207).
D'accord avec ces trois priorités, Dariusz Rosati (PPE, polonais), rapporteur sur ce texte, a estimé que l'austérité économique n'était, en soi, « pas coupable » mais plutôt nécessaire pour mettre fin aux « pratiques irresponsables » de la sphère financière. « Les mesures de consolidation budgétaire portent leurs fruits », a-t-il estimé, citant l'exemple de l'Irlande et du Portugal qui sont, selon lui, redevenues « crédibles » après avoir achevé leur plan de sauvetage triennal. L'Espagnol Sergio Gutiérrez Prieto (S&D), rapporteur sur les aspects sociaux du 'Semestre européen', a apporté une note sociale afin de rééquilibrer les propos du PE sur la gouvernance économique en Europe. Selon lui, « il convient d'intégrer dans le langage la responsabilité budgétaire mais aussi sociale ». En réformant leur économie, les États doivent « tenir compte des effets sur l'emploi » et sur l'accès des citoyens aux services publics de base, a-t-il ajouté. Et de noter que l'écart entre les 10% de la population gagnant le plus et les 10% de la population gagnant le moins avait été « multiplié par 7 ».
Les commissaires chargé de l'Euro, Valdis Dombrovskis, et de l'Emploi et des Affaires sociales, Marianne Thyssen, ont réitéré l'engagement de la Commission européenne à accorder un rôle accru aux partenaires sociaux dans le 'Semestre européen' (EUROPE 11268). Les rapports 'pays' ont été adoptés 3 mois plus tôt que lors des exercices précédents pour permettre des échanges approfondis avec les partenaires sociaux aux niveaux européen et national sur les politiques socio-économiques à mener, a indiqué Mme Thyssen.
Piloté par Ildikó Gáll-Pelcz (PPE, hongroise), le 3ème rapport du PE analyse la gouvernance du marché unique. Il requiert une étude qualitative sur la façon dont la législation européenne dans ce domaine est appliquée sur le terrain. Il prône aussi des mesures de soutien aux flux commerciaux transfrontières. La commissaire compétente, Elzbieta Bienkowska, a indiqué que la future stratégie de la Commission s'appuierait sur une 'tolérance zéro' pour la mise en oeuvre de la directive 'services' et renforcerait l'application du principe de 'reconnaissance mutuelle' dans les échanges de biens et services (EUROPE 11265 et 11246). (Mathieu Bion)