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Bulletin Quotidien Europe N° 11272
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

L'UE, fière de son offre, attend que les autres parties lui emboîtent le pas

Bruxelles, 11/03/2015 (Agence Europe) - À 20 jours de la date butoir du 31 mars, l'UE peut s'enorgueillir d'avoir été le premier bloc de pays à avoir déjà soumis à l'ONU son offre de contribution au futur accord climatique mondial, juridiquement contraignant, escompté à Paris en décembre 2015, et attend des autres économies majeures qu'elles en fassent autant (EUROPE 11269).

Les ONG actives pour la protection du climat le reconnaissent, mais s'interrogent sur la portée réelle de cette offre officielle - une réduction collective d'au moins 40% des émissions des gaz à effet de serre de l'UE à l'horizon 2030 - dont elles jugent le niveau d'ambition insuffisant pour respecter l'objectif de contenir la hausse moyenne des températures à la surface de la planète en dessous de 2 degrés Celsius.

Cette contribution, fondée sur les efforts nationaux projetés (INDC), concerne les six gaz à effet de serre (Methane, N2O, HFC, PFC, SF6 et NF3) et couvre tous les secteurs d'activité économique, y compris l'agriculture, les déchets, l'utilisation des terres et autres changements d'affectation des sols et les forêts (Lulucf).

« Nous avons adopté l'INDC pour les différents États, qui présente les ambitions de l'UE. Nous montrons le bon exemple et espérons que les autres nous emboîterons le pas », avait déclaré Miguel Arias Canete à l'issue du Conseil Environnement, le 6 mars. « Cette année exigera des efforts intenses de diplomatie climatique pour construire les alliances requises pour un accord ambitieux à Paris », avait renchéri Kaspars Gerhards, président en exercice du Conseil.

Pas de quoi pavoiser, selon les ONG. Si Friends of the Earth Europe (Foe) se réjouit que l'Union européenne soit la première économie majeure a avoir abattu ses cartes, elle juge toutefois que l'offre de l'UE est bien en deçà de la juste part qui revient à l'UE dans l'action requise pour éviter un changement climatique dangereux. Une réduction d'au moins 40% des émissions, c'est ce qui avait été annoncé l'an dernier et ne représente donc aucun accroissement des efforts avant les négociations de Paris (COP 21), fait observer l'ONG. En outre, l'offre ne contient aucun engagement de soutien financier ou technologique envers les pays en développement qui sont pourtant les plus vulnérables au changement climatique.

« Ne nous voilons pas la face, il y a un fossé énorme entre ce que la science et la justice climatique recommandent à l'Europe de faire et l'accord du Conseil environnement. Il est frustrant d'entendre nos gouvernements qualifier leurs engagements d'ambitieux, alors qu'ils ne tournent pas suffisamment le dos aux combustibles fossiles », a déclaré Susann Shebarth de FoE.

Le réseau Carbon Market Watch reproche à l'offre de contribution formelle de l'UE de n'être pas assez détaillée et transparente: elle reste floue sur les modalités d'inclusion du Lulucf dans l'objectif, ce qui pourrait réduire l'offre européenne de 5% si cette inclusion est utilisée pour compenser la pollution du secteur du transport et d'autres secteurs ; elle ne précise pas si l'UE fera oui ou non usage des quotas excédentaires, alors que le surplus pourrait atteindre entre 4 et 6,5 milliards de quotas après 2020 et ramener l'objectif affiché de 40% à des réductions effectives de 17% à 26%. « L'UE a confirmé qu'elle réaliserait son objectif par les seules mesures nationales (à l'exclusion des crédits internationaux). C'est une bonne chose qui laisse entrevoir la possibilité de relier le marché européen du carbone avec celui de la Suisse, mais cela devra aller de pair avec une augmentation de l'objectif européen », a estimé Femke de Jong, de cette ONG

La Suisse est le premier gouvernement à avoir formellement soumis son offre (une réduction de ses émissions d'au moins 30% à l'horizon 2030), avant que l'UE n'envoie la sienne. (Aminata Niang)

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