Bruxelles, 11/03/2015 (Agence Europe) - Les députés européens ont dénoncé, mercredi 11 mars, la situation des droits de l'homme et de la démocratie en Russie et appelé à coopérer avec la société civile russe.
Lors d'un débat organisé suite au meurtre de l'opposant russe Boris Nemtsov, les députés ont condamné cet assassinat perpétré le 27 février (EUROPE 11265), rappelant les nombreux opposants russes morts eux aussi dans des circonstances étranges ces dernières années. « Est-ce qu'il y a de la démocratie en Russie ? C'est la question à laquelle il faut répondre », a souligné Andrzej Duda (CRE, polonais), précisant qu'en Russie les élections n'étaient pas équitables, que les tribunaux n'étaient pas indépendants, que la propagande était telle qu'il était difficile de trouver des informations justes et que les organisations non gouvernementales étaient persécutées. « Il me semble que la Russie aujourd'hui n'a rien à voir avec une démocratie », a ajouté le député.
Pour Johannes Van Baalen (ADLE, néerlandais), le président russe, Vladimir Poutine, mène une politique à long terme en vue de restaurer l'influence russe du temps de l'Union soviétique avec une absence totale de l'État de droit. « Ceux qui essaient de dévoiler la vérité en Russie sont particulièrement menacés. Les membres de l'opposition sont considérés comme des dissidents. Nous devons adopter une politique appropriée vis-à-vis de la Russie, tout mettre en oeuvre pour entretenir le contact avec la société civile. Notre politique est contre Poutine et pas contre la Russie », a souligné Rebecca Harms (Verts/ALE, allemande).
Pour Knut Fleckenstein (S&D, allemand), « il faut changer les conditions de vie, permettre la liberté des medias, la démocratie, une atmosphère de tolérance » en Russie. Il a précisé que le Parlement devait s'exprimer « de manière claire en utilisant des mots qui permettront un dialogue franc à l'avenir ». L'UE devrait communiquer avec les Russes, en particulier les jeunes, a précisé Sandra Kalniete (PPE, lettone). « Nous devons tendre la main au peuple russe », a ajouté Johannes Van Baalen (ADLE, néerlandais).
La Haute Représentante, Federica Mogherini, a rappelé que le renforcement de la démocratie faisait l'objet du premier article de l'accord de partenariat entre la Russie et l'UE. « Les Russes ont droit à une Russie ouverte et démocratique », a-t-elle souligné, dressant un bilan négatif de la situation actuelle dans le pays. Elle a ajouté que l'UE voulait être aux côtés de la société russe par « tous les moyens possibles » et qu'elle allait multiplier les contacts. « Le risque est que des pans entiers de la société russe, en particulier les jeunes, se détournent de l'Europe et considèrent l'Europe comme un ennemi », a-t-elle souligné. (Camille-Cerise Gessant)