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Bulletin Quotidien Europe N° 11268
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) bce

Lancement du programme 'quantitative easing' lundi 9 mars

Bruxelles, 05/03/2015 (Agence Europe) - La BCE commencera, lundi 9 mars, à racheter massivement des actifs publics (QE ou 'quantitative easing').

« Nous commencerons, le 9 mars, à acheter des actifs publics libellés en euros sur le marché secondaire. Nous continuerons aussi d'acheter des titres ABS et des obligations structurées. (…) Les achats mensuels cumulés d'actifs publics et privés s'élèveront à 60 milliards d'euros », a déclaré le président de la BCE, Mario Draghi, après la réunion des gouverneurs de l'institut monétaire qui s'est tenue à Nicosie. Le programme 'QE' durera jusqu'à « fin septembre 2016 », du moins jusqu'à ce qu'un ajustement « durable » de la trajectoire de l'inflation soit observé, en ligne avec la mission de la BCE de maintenir la hausse des prix à un niveau inférieur mais proche de 2%, a-t-il ajouté (EUROPE 11236).

Seront éligibles au 'QE' les titres libellés en euro émis par les États, des agences publiques localisées dans la zone euro, les organisations internationales dont les titres de crédit bénéficient d'un rating suffisant. Pour que la BCE puisse racheter des titres souverains de la Grèce et de Chypre, il faut que ces deux pays remplissent les conditions assorties à leur plan de sauvetage financier. Dans le cas grec, le seuil maximal de rachat (3% du stock existant) a déjà été dépassé, si bien que la BCE ne pourra racheter des titres grecs qu'une fois qu'Athènes aura commencé à rembourser ceux que la BCE détient dans le cadre du programme 'SMP'. Dans le cas de Chypre, le gouverneur de la Banque de Chypre, Mme Chrystalla Georghadji, a rappelé que son pays pourrait bénéficier du 'QE' une fois achevée avec succès la 5ème mission de suivi des créanciers, celle-ci butant encore sur l'adoption d'une loi relative aux saisies immobilières (EUROPE 11255).

Dans une réponse à une question écrite de Jonás Fernández (S&D, espagnol), la BCE indique qu'elle sera en mesure de racheter des titres émis directement par le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) qui verra le jour dans le cadre du plan 'Juncker' d'investissement.

M. Draghi a constaté l'existence d'« effets positifs » depuis l'annonce du lancement du 'QE' en janvier, les conditions d'emprunt des entreprises et des ménages s'étant, par exemple, « considérablement améliorées ». Il a néanmoins rappelé que la reprise économique et les retombées du 'QE' seront d'autant plus importantes que les pays de la zone euro réformeront avec vigueur leurs économies.

La BCE a, par ailleurs, dévoilé de nouvelles projections en matière de croissance et d'inflation. Selon elle, le PIB de la zone euro augmentera d'1,5% en 2015, d'1,9% en 2016 et de 2,1% en 2017. Cette prévision a été revue « à la hausse », même si les risques en matière de croissance restent « à la baisse », quoique dans une moindre mesure, a noté M. Draghi. Quant à l'inflation, elle devrait être nulle en 2015 et s'élever à 1,5% en 2016 et à 1,8% en 2017. Cette prévision a été revue « à la baisse », a indiqué l'ancien gouverneur de Banca d'Italia, qui s'attend à ce que l'inflation demeure « très faible, voire nulle, dans les mois à venir », en raison notamment de la chute des prix pétroliers, avant de repartir progressivement à la hausse.

Selon l'Office statistique de l'UE (Eurostat), la hausse des prix sur base annuelle était encore négative en zone euro en février (-0,3%, après -0,6% en janvier).

À noter que la BCE a maintenu inchangés les taux d'intérêt des opérations principales de refinancement (0,05%), de la facilité de prêt marginal (0,3%) et de la facilité de dépôt (-0,2%). (Mathieu Bion)

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