Bruxelles, 03/03/2015 (Agence Europe) - La Cour des comptes a critiqué l'absence de « progrès significatifs » sur les quinze dernières années en ce qui concerne le réseau européen de voies navigables, dans un rapport publié mardi 3 mars 2015.
Dans ses Livres blancs de 2001 et 2011 sur les transports, la Commission européenne s'était engagée à augmenter la part de transport s'effectuant par rail ou par voies navigables - deux modes de transport moins polluants et moins coûteux que le transport routier. Un objectif de 30% de fret sur distance moyenne par rail ou par voie navigable en 2030 avait été fixé. Pourtant, selon la Cour, la part de transport se faisant par voie d'eau n'a quasiment pas évolué: 6,4% en 2001, pour 6,7% en 2012.
Les auteurs du rapport pointent deux causes. Premièrement, un nombre insuffisant de projets menés par les États membres, qui n'ont « accordé que peu d'attention à ce mode de transport ». Seuls 35% des projets présentés dans le cadre du réseau de transport transeuropéen (TEN-T) portaient sur les voies navigables. Par conséquent, seuls cinq des 47 goulets d'étranglement recensés en 2006 avaient été éliminés en 2012. Deuxièmement, la Cour pointe le manque de vision stratégique sur ce sujet, causé par l'absence d'« analyse complète et étayée» européenne. Aucune étude n'a calculé quels seraient les bénéfices exacts, en termes de réduction du trafic routier, de l'élimination de chaque goulet d'étranglement. Plus grave, les sommes nécessaires pour compléter le réseau de voies navigables n'ont pas été mises à disposition des États membres.
La Cour recommande donc aux États et à la Commission de se concentrer sur les projets qui « fourniraient les bénéfices les plus grands et les plus immédiats ». La Commission devrait aussi conduire des analyses en profondeur, puis se mettre d'accord avec les États membres sur « des objectifs spécifiques et atteignables. » (Jean Comte)