Bruxelles, 03/03/2015 (Agence Europe) - Afin de renforcer la lutte contre le tabac, plusieurs eurodéputés (surtout français et belges) ont annoncé, mardi 3 mars à Bruxelles, la création d'un groupe de travail au Parlement européen chargé de « lutter contre l'ingérence de l'industrie du tabac dans les politiques publiques ».
Ce groupe de travail est constitué de 40 députés de tous groupes politiques, dont Gilles Pargneaux (S&D, français), Françoise Grossetête (PPE, française), Robert Rochefort (ADLE, français), Frédérique Ries (ADLE, belge), José Bové (Verts/ALE, français), Bart Staes (Verts/ALE, belge), Michèle Rivasi (Verts/ALE, français), Martina Anderson (GUE/NGL, irlandaise), Eleonora Evi (ELDD, italienne) ou encore Fabio Massimo Castaldo (ELDD, italien).
Le tabagisme fait près de six millions de victimes par an dans le monde, dont 700 000 en Europe. Ce chiffre pourrait atteindre huit millions en 2030, selon les chiffres cités par ces députés.
Les mesures efficaces pour réduire la consommation de tabac concernent essentiellement la fiscalité et la limitation des offres marketing et commerciales des fabricants de cigarettes. « L'une des difficultés majeures pour les appliquer est l'ingérence de l'industrie du tabac dans nos politiques publiques », expliquent ces députés.
La philosophie du groupe de travail consiste à « bâtir une nouvelle politique antitabac qui préserve les fumeurs et les buralistes, mais qui cible les fabricants de tabac, qui sont la racine du mal ».
La première réunion de ce groupe de travail aura lieu dans quelques semaines. Il a cinq priorités: - veiller à la transposition ambitieuse de la directive tabac, en poussant les États membres à aller plus loin ; - exiger de l'UE et des États membres l'application stricte et sans délai de l'article 5.3 de la Convention-cadre de l'Organisation mondiale de la santé pour la lutte antitabac ; - exiger la ratification et la mise en oeuvre du protocole de l'OMS « visant à éliminer le commerce illicite du tabac » ; - empêcher le renouvellement des « accords de coopération » entre l'UE et les fabricants de tabac ; - établir un lien entre 'paquet générique' et 'traçabilité indépendante des produits du tabac'.
Les 200 lobbyistes recrutés par les trois géants du secteur (Philip Morris, British American Tobacco et Japan Tobacco) disposaient d'un budget de 5 millions d'euros pour torpiller la directive tabac. « Soit 1 lobbyiste pour 3,5 députés européens ». La démission forcée du commissaire européen à la Santé, John Dalli, et les fichiers de classifications des députés pro ou anti-tabac (concoctés par Philip Morris) en sont la triste illustration, font valoir ces eurodéputés. (Lionel Changeur)