Bruxelles, 03/03/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a jugé « prématurée », mardi 3 mars, toute discussion sur les détails, montants ou conditions d'un possible arrangement de suivi pour la Grèce.
Annika Breidthardt, porte-parole de l'institution européenne, a rappelé que le plan d'assistance financière avait été prolongé de quatre mois pour servir deux objectifs: travailler à une conclusion positive de la dernière mission de suivi des institutions (Commission, BCE, FMI) et se donner le temps de discuter d'un possible arrangement de suivi. « Maintenant, nous nous concentrons sur le premier jalon » de l'accord de l'Eurogroupe de la semaine dernière, c'est-à-dire la conclusion de la mission de suivi (EUROPE 11264). Elle a également dit que le travail sur de possibles mesures de réduction de la dette grecque n'avait pas commencé.
La Commission était appelée à réagir aux propos de son vice-président, Valdis Dombrovskis, la veille dans une interview à Bloomberg. Ces propos sont intervenus peu avant les déclarations du ministre espagnol des Finances, Luis De Guindos, qui avait évoqué des discussions sur un 3ème plan d'aide d'entre 30 et 50 milliards d'euros. « La Grèce pourrait avoir besoin d'un arrangement additionnel après que le programme expire », a dit M. Dombrovskis, ajoutant qu'avec le gouvernement grec précédent la discussion portait sur la manière dont la Grèce pourrait retourner sur les marchés avec l'aide d'une ligne de crédit de précaution du Mécanisme européen de stabilité (MES). « Maintenant, ce scénario, cependant, semble moins probable, compte tenu de la récente instabilité financière », a expliqué le vice-président de la Commission. Pour Margaritis Schinas, également porte-parole de la Commission, la priorité est de travailler pour terminer la mission de suivi. Il a ajouté ne pas être sûr que les propos de M. Dombrovskis aient été rapportés fidèlement.
Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a dit lundi soir sur la chaîne Star TV que la Grèce devait d'abord restructurer sa dette avant de discuter d'un nouveau prêt. Il a également dit qu'il présenterait la semaine prochaine à l'Eurogroupe un paquet de six réformes « détaillées et pleinement évaluées ». Selon le quotidien grec Capital, M. Varoufakis se serait entretenu par téléconférence mardi matin avec les experts du trio institutionnel. « Nous espérons que deux ou trois de ces réformes pourront être appliquées de façon imminente », a-t-il dit, espérant que dans ce scénario les créanciers pourraient libérer une partie des fonds pour éviter un défaut en mars. « Je suis sûr que nos obligations en mars, en particulier envers le FMI, seront honorées », a encore dit le ministre grec.
Selon l'agence MNI, les besoins de financement du gouvernement grec en mars sont proches de 6 milliards d'euros et nécessiteront que la limite d'émission de bons du Trésor grec à court terme soit relevée d'environ 2 milliards d'euros. Les observateurs ne s'attendent en outre pas à ce que la BCE décide cette semaine d'accepter à nouveau de la dette grecque en garantie des prêts aux banques. (Élodie Lamer)