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Bulletin Quotidien Europe N° 11266
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ebola

L'Afrique demande un soutien accru de la communauté internationale

Bruxelles, 03/03/2015 (Agence Europe) - Pas de complaisance dans la lutte contre le virus Ebola. Les efforts doivent se poursuivre pour réduire à néant le nombre de cas d'infection et la communauté internationale réfléchit aux mesures destinées à aider les pays touchés à se redresser, ont souligné mardi 3 mars à Bruxelles les participants à la conférence internationale de haut niveau sur Ebola co-présidée par l'UE, les présidents de la Guinée, du Libéria et de Sierra Leone, les Nations unies, l'Union africaine et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

L'objectif de la conférence était d'aider les pays d'Afrique de l'Ouest à venir à bout de l'épidémie et à se relever une fois celle-ci éradiquée, sur base des besoins exprimés par le 'plan harmonisé de riposte à Ebola et de relance économique' que la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone présenteront en avril à la Banque mondiale et au FMI. « Nous avons une mission importante: formuler les prochaines mesures qui seront nécessaires pour combattre la maladie, poursuivre la mobilisation internationale et aider à la reprise dans les pays affectés. (…) Les discussions ont été très constructives et fructueuses », a souligné Christos Stylianides, commissaire européen à l'Aide humanitaire et coordonnateur de l'UE pour Ebola. « Ebola est un défi qu'il nous faut continuer à relever collectivement, rapidement et dans une perspective à long terme afin aussi de contribuer à faire en sorte qu'aucune autre épidémie ne puisse avoir de tels effets dévastateurs à l'avenir. (...) Il nous incombe de faire preuve d'efficacité dans notre aide au développement et de revigorer la coopération régionale », a déclaré la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini.

Analyser les progrès réalisés et planifier l'aide post-crise. La communauté internationale a renouvelé son plein engagement pour aider l'Afrique de l'Ouest à s'investir auprès des populations touchées. Il s'agit à présent de planifier l'aide pour la phase post-crise, avec un accent tout particulier sur l'ensemble des services publics, y compris la santé, l'assainissement, la sécurité alimentaire, l'éducation, le maintien des moyens de subsistance, de même que la reprise économique. À ce stade, il faut mettre en place des équipes sanitaires volantes pour mieux ventiler la riposte. En matière de personnel, il manque encore entre 200 et 300 spécialistes de santé publique à trouver surtout en Afrique pour plus d'efficacité. Le retard pris pour mobiliser et former les milliers de soignants requis a, par contre, été comblé pour l'essentiel, grâce à l'engagement de nombreux Africains et à la mise en place d'un système d'évacuations médicalisées rassurant les volontaires étrangers, s'est félicité le coordinateur de l'ONU pour la lutte contre l'épidémie, David Nabarro.

La conférence a aussi passé en revue les progrès accomplis pour lutter contre l'épidémie et exposé les mesures concrètes permettant de: 1) garantir que les fonds promis seront bien disponibles et maintenir le soutien international jusqu'à l'éradication complète d'Ebola ; 2) conférer davantage de mobilité et de souplesse à la réaction internationale ; 3) promouvoir la coopération régionale ; 4) aider les pays d'Afrique de l'Ouest dans leurs initiatives visant à prévenir et contrôler les épidémies et à se préparer pour éviter l'émergence d'une autre épidémie aux effets aussi dévastateurs ; 5) mettre en place, dans les pays touchés, des systèmes de santé résilients ; 6) renforcer la gouvernance dans les pays impactés par l'épidémie.

Relancer l'économie en Afrique de l'Ouest. Le redressement des pays africains touchés passe en priorité par la remise sur pied et l'amélioration des services de base (santé, éducation, eau, installations sanitaires) et par le retour à un développement économique durable.

Les ministres de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone ont évoqué, dans cet objectif, leurs estimations et leurs projets en faveur d'un redressement national, dans le cadre du plan harmonisé de coopération régionale. « Il faut préparer un programme régional 'Ebola zéro' passant par une coordination des systèmes d'échange de données et une surveillance aux frontières, mais aussi l'amélioration de nos systèmes de santé, la formation du personnel (soignant) et une mise à niveau des différentes installations », a commenté la présidente du Liberia, Ellen Johnson-Sirleaf. « On espère une coordination de la part de la communauté internationale, qu'elle travaille avec nous », a ajouté le président de la Sierra Leone, Ernest Bai Koroma. Il a mis l'accent sur la nécessité de transparence et de responsabilité des gouvernements africains soutenus par la communauté internationale en vue de « rendre des comptes à nos bailleurs de fonds ». Pour le président de la Guinée, Alpha Condé, la situation actuelle est particulièrement délicate car la tentation est forte de relâcher la pression alors que l'épidémie régresse. Il a appelé les pays donateurs à « ne pas en rester aux annonces mais à débourser les aides promises », dénonçant des retards en la matière, ceci afin de renforcer la vigilance et les moyens pour arriver à l'objectif 'zéro infection'. « On espère de grandes décisions avec de nouveaux fonds frais pour ce 'Plan Marshall' car Ebola a décimé nos économies », a-t-il encore plaidé.

La présidente du Liberia, avec le soutien de l'ONG Oxfam, a profité de l'occasion pour lancer un appel aux dons pour soutenir les efforts du gouvernement libérien dans la mise en place d'installations d'assainissement de base et d'approvisionnement en eau potable dans les établissements scolaires, alors que des milliers d'enfants recommencent à fréquenter l'école pour la première fois depuis six mois. Les besoins sont évalués à 60 millions de dollars, soit la somme nécessaire pour équiper les 2 800 écoles libériennes les plus démunies au cours des deux prochaines années. « Il est clair que le manque d'eau propre, d'équipements pour se laver les mains et d'installations sanitaires sont les obstacles majeurs qui empêchent nos enfants de changer leurs habitudes. Cela permettrait d'améliorer leur santé sur le long terme. Les investissements dans les équipements sanitaires et l'approvisionnement en eau propre sont essentiels pour contribuer à endiguer les épidémies d'Ebola et d'autres maladies infectieuses », a déclaré Mme Johnson-Sirleaf.

L'épidémie d'Ebola a causé la mort de plus de 9 700 personnes à ce jour et l'on compte au total plus de 23 500 personnes infectées par le virus au cours de l'épidémie dont les premiers foyers ont été détectés en décembre 2013. Si l'épidémie reflue, la maladie continue à se propager dans certaines zones côtières de Guinée et de Sierra Leone, avec la persistance de foyers aléatoires dans des zones reculées de ces pays d'Afrique de l'Ouest. L'UE (Commission + États membres) a engagé à ce jour plus d'1,2 milliard d'euros d'aide dont 414 millions émanent de la Commission. Au niveau international, des promesses de dons pour 4,9 milliards d'euros ont été faites et le montant des dépenses à ce jour s'élève à 2,4 milliards d'euros. Au titre du programme de recherche 'Horizon 2020', la Commission a fourni plus de 414 millions d'euros sous forme de mesures d'urgence, de projets de recherche et d'un soutien à plus long terme. L'annonce récente de premiers résultats probants montrant qu'un traitement (le favipiravir) pouvait s'avérer efficace contre le virus Ebola est le fruit de ce soutien financier, s'est d'ailleurs réjouie l'institution européenne (EUROPE 11261). (Isabelle Lamberty)

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