Bruxelles, 03/03/2015 (Agence Europe) - Avoir des critères précis pour des projets de recherche et d'innovation (R&I) et les infrastructures qui y sont associées et inclure des experts en R&I au sein du comité d'investissement du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), voilà les deux idées suggérées par les ministres européens de la Recherche, lors de leur réunion à Bruxelles mardi 3 mars.
Le Conseil Recherche veut absolument obtenir des garanties sur la place qui sera accordée aux projets de recherche et d'innovation dans le FEIS dans le cadre du plan 'Juncker' d'investissement. Ils ont ainsi suggéré à la Commission européenne, qui semble avoir retenu l'idée, d'établir des critères précis en la matière lors du processus de sélections des projets. Ils ont également estimé qu'il faudrait inclure dans le comité d'investissement des experts en R&I, un point sur lequel a insisté le Danemark.
Une telle approche témoigne d'une inquiétude, voire d'une certaine méfiance, des ministres envers les retombées promises du FEIS sur la recherche. Le commissaire compétent, Carlos Moedas, a tenté de les rassurer, parlant d'une « complémentarité » entre le programme-cadre 'Horizon 2020' et le FEIS. Ce fonds, qui puisera dans le budget du programme, induit des investissements plus risqués, mais il promet aussi plus de retombées, y compris pour la R&I, ce qui finalement amplifiera la « puissance de feu » d''Horizon 2020', a-t-il argué. A-t-il été convaincant ? Pas entièrement, à en croire notamment la réaction de la Belgique. Il faut bien croire en un retour substantiel, aurait affirmé ce pays lors de la discussion qui s'est tenue à huis clos. Il a ainsi exprimé un doute assez répandu sur le coefficient de l'effet de levier (x15) du FEIS, jugé trop optimiste par certains et sur les bénéfices éventuels que retirera du FEIS la recherche européenne. (Jan Kordys)