Bruxelles, 03/03/2015 (Agence Europe) - Le président du Parlement européen et le Service européen pour l'action extérieure ont dénoncé, mardi 3 mars, le refus d'entrée en Russie, la veille, de la députée européenne Sandra Kalniete (PPE, lettone), qui voulait se rendre aux obsèques de l'opposant Boris Nemtsov, abattu le 27 février (EUROPE 11265). Elle est désormais interdite d'entrée sur le territoire russe jusqu'en novembre 2019.
La porte-parole de la Haute Représentante, Maja Kocijancic, a considéré ce refus d'entrée comme « une claire violation des principes de base ». Selon elle, la justification donnée selon laquelle Mme Kalniete « représenterait une menace pour la sécurité de l'État ou l'ordre public » de la Russie « n'apparaît pas comme une explication crédible ». Mme Kocijancic a précisé que cela n'était ni dans la ligne ni dans l'esprit de la facilitation des visas en place entre l'UE et la Russie. « Ce n'est pas la première fois que nous constatons de tels refus pour des raisons apparemment arbitraires (….) Nous appelons les autorités russes à un maximum de transparence et nous attendons que des mesures soient prises pour éviter des incidents similaires à l'avenir », a ajouté Mme Kocijancic. Elle a cité en exemple la publication des interdictions d'entrée sur le territoire russe décidées par le pays, « ce qui n'est actuellement pas le cas ».
Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a annoncé qu'il allait s'adresser aux autorités russes « dans les termes les plus forts et exiger une explication officielle ». « Les refus d'entrée en Russie répétés et arbitraires de parlementaires élus (…) constituent un affront important aux relations UE-Russie et au travail des institutions démocratiques », a-t-il expliqué. Les restrictions de voyage concernant des individus européens sélectionnés sont appliquées sans le moindre élément concernant le raisonnement sous-jacent à leur application, l'avertissement préalable de leur application ou qui elles concernent, a-t-il dénoncé. Il a considéré que le refus d'entrée de Mme Kalniete était « doublement grave » car « en ces temps qui appellent à la retenue et à la bonne volonté, l'administration russe continue d'appuyer sur tous les boutons qui vont dans la direction opposée à la désescalade ». Selon le PPE, c'est la troisième fois qu'un membre du Parlement européen est bloqué à la frontière russe.
Le président du Sénat polonais, Bogdan Borusewicz, n'a pas obtenu l'autorisation d'entrer en Russie, selon lui « en réponse aux sanctions européennes contre Moscou». (Camille-Cerise Gessant)