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Bulletin Quotidien Europe N° 11182
CONSEIL EUROPÉEN / (ae) Économie

Un énième sommet au chevet de l'économie

Bruxelles, 22/10/2014 (Agence Europe) - Les leaders européens se réuniront, à vingt-huit, vendredi 24 octobre au matin, puis en format zone euro lors du déjeuner, pour faire le point sur la réponse européenne à une situation économique toujours aussi morose.

Sous la pression de la famille sociale-démocrate qui se réunit dès jeudi à Paris, le Conseil européen devrait constater que la conjoncture dégradée ne s'est pas améliorée depuis fin août, particulièrement au sein de la zone euro (EUROPE 11144). Pour preuve, la BCE a annoncé en septembre de nouvelles mesures exceptionnelles pour lutter contre la trop faible inflation (0,3% en septembre, au plus bas depuis septembre 2009) et, in fine, stimuler l'économie. Il constatera vraisemblablement l'étendue des défis à relever - croissance molle, chômage élevé, investissements publics et privés insuffisants, déséquilibres macroéconomiques persistants, dette publique élevée et manque de compétitivité - alors qu'un nouveau cycle législatif s'ouvre.

Sera mis en avant ce que la future Commission européenne présidée par Jean-Claude Juncker pourra faire pour stimuler les investissements, alors qu'une initiative franco-allemande spécifique a été lancée et qu'une 'task force' BEI/Commission identifie des projets d'investissements prometteurs (EUROPE 11180). Mercredi au Parlement européen, M. Juncker a annoncé que le plan d'investissement promis en juillet serait présenté avant Noël. Chiffré à 300 milliards d'euros, ce plan visera à mobiliser le maximum d'argent privé, mais sans créer de dettes additionnelles. Plusieurs idées sont avancées, comme l'utilisation du budget de l'UE pour inciter la BEI à prendre plus de risques dans des domaines où elle s'aventure peu (ex: emploi des jeunes).

Mercredi 22 octobre, devant les sénateurs italiens, le Premier ministre, Matteo Renzi, a exhorté l'UE à profiter de la transition institutionnelle pour tourner la page de l'austérité et se focaliser sur la croissance et l'investissement. Sinon, la zone euro demeurera « la Cendrillon » de la croissance mondiale, a-t-il souligné.

L'ancre de la stabilité. Au moment même où la Commission sortante analyse les projets de budget pour 2015 des pays de la zone euro, le sommet européen devrait se limiter à réitérer que le Pacte de stabilité et de croissance, en tant qu''ancre de la stabilité', ne sera pas modifié, mais que les flexibilités qu'il comporte permettront de tenir compte de la conjoncture et d'adapter l'effort structurel aux spécificités nationales. Il y a fort à parier que l'accent sera mis, une nouvelle fois, sur l'importance de consolider les finances publiques de manière à ne pas étouffer la croissance et à continuer d'investir dans l'avenir ainsi que sur la poursuite des réformes structurelles visant à stimuler la compétitivité économique.

Lors du sommet de la zone euro, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, renouvellera sa proposition visant à lier davantage les réformes structurelles à l'évaluation de l'effort budgétaire et aux politiques d'investissement (EUROPE 11176). En outre, les Dix-huit pourraient aller jusqu'à évoquer des pistes dans l'optique de l'évaluation des règles (paquets '2 pack' et '6 pack') ayant renforcé la surveillance budgétaire et macroéconomique du Pacte et qui sera présentée fin 2014, étape qui ouvrirait la voie à une révision législative.

Mercredi, la Commission a demandé à l'Autriche, la France, l'Italie, Malte et la Slovénie un complément d'informations sur leur projet de budget 2015. Il ne s'agirait pas d'une alerte sur un possible avis défavorable, selon une source interne à l'institution européenne. (MB)

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