login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11170
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Les perspectives favorables à l'apaisement et à la relance des relations entre l'UE et la Russie se concrétisent

Réciprocité. L'évolution des relations entre l'UE et la Russie est enfin évidente: les deux parties recherchent le dialogue, à la place de l'avalanche réciproque de mesures ruineuses des deux côtés. Plusieurs éléments prouvent l'évolution en cours.

Jens Stoltenberg, nouveau secrétaire général de l'OTAN, a déclaré en prenant ses fonctions: « Je ne vois aucune contradiction entre une OTAN forte et un effort continu pour bâtir une relation constructive avec la Russie. » (voir Europe Diplomatie & Défense 735).

De son côté, Moscou a choisi une voie semi-officielle pour s'exprimer: le recours au supplément Russia beyond the headlines), qui est distribué via des journaux occidentaux tels que The Daily Telegraph, The New York Times, The Washington Post, Le Figaro et Le Soir de Bruxelles. Il ne s'agit pas d'un organe officiel du gouvernement russe, l'éditeur responsable étant la Rossiyskaia Gazeta ; en réalité, ce sont les autorités qui s'expriment, avec beaucoup de détails dans le numéro du 1er octobre.

Indications encourageantes. Je résume. Gazprom n'est pas en mesure d'augmenter ses livraisons de gaz et de pétrole à ses clients européens, car l'hiver qui arrive sera particulièrement froid et la compagnie gazière a décidé d'augmenter son stock en le portant à 72 milliards de mètres cubes: le marché européen reste quand même prioritaire, mais avec des nouvelles limites. A plus long terme, la situation évoluera dans son ensemble, car le nouvel accord Russie-Chine sera progressivement concrétisé et la construction du gazoduc Force de Sibérie a commencé. En fait, plusieurs années seront nécessaires pour qu'il soit opérationnel, mais le premier message à l'Europe est clair: Moscou se prépare d'autres débouchés afin de ne pas dépendre totalement du marché européen.

Ce message comporte toutefois également un volet positif. Pour Moscou le marché européen restera prioritaire, la production russe augmentera et tous les acheteurs pourront être satisfaits. M. Dmitri Baranov, analyste en chef de Gazprom, a expliqué que les réserves sont telles que la Russie pourra fournir en même temps l'Est et l'Ouest, et il a anticipe que le prix pour l'Europe sera réduit si des progrès interviendront sur certaines questions cruciales, pas encore précisées…

Idée étrange. On le voit, c'est un exercice quelque peu acrobatique qui vise à mettre en garde et en même temps à rassurer. Selon certains analystes occidentaux, c'est le marché européen qui est vital pour Gazprom, et pas le contraire. Paul De Grauwe, professeur à la London School of Economics, estime que les ventes de gaz et de pétrole à l'UE « couvrent plus de la moitié des revenus » de la Russie et que l'UE ne devrait pas hésiter à en suspendre l'achat. C'est une façon étrange d'évaluer les relations euro-russes, car le système actuel des mesures et des contre-mesures coûte très cher des deux côtés. L'exemple de l'agriculture est éloquent et très douloureux. Désastre agricole. Je renvoie le lecteur aux résultats de la réunion, des ministres européens de l'agriculture, à Milan, dont notre bulletin (EUROPE 11166) a publié un compte-rendu exclusif sous le titre: « L'embargo russe sème la zizanie entre les pays de l'UE. » La suspension des achats russes est dramatique pour l'agriculture européenne: une partie de la production est perdue, le budget communautaire ne peut pas faire face aux dépenses supplémentaires ; entretemps, la Russie achète ailleurs les fruits et légumes dont elle a besoin. D'autres producteurs internationaux ont remplacé l'Europe sur un marché qu'elle pourra difficilement reconquérir. À Milan, pas un mot n'a été prononcé sur un éventuel effort pour relancer les exportations vers la Russie. On attend avec impatience les suggestions de M. De Grauwe.

Dialogue à développer. Ma conclusion est évidente: Bruxelles et Moscou doivent développer le principe des négociations et du dialogue pour régler leurs divergences, qui, de toute manière, sont normales, inéluctables. N'oublions pas les échéances urgentes (comme l'affaire des navires français Mistral fabriqués pour la Russie), ni l'apaisement en Ukraine, qui demeure indispensable. L'arrivée de M. Stoltenberg et les sondages des autorités russes sur des coopérations nouvelles ne doivent pas être négligés, afin que les protagonistes puissent consacrer leurs efforts à d'autres problèmes bien plus dramatiques dans le monde. (FR)

 

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
AUDITIONS DES COMMISSAIRES-CANDIDATS
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉDUCATION - CULTURE
ACTION EXTÉRIEURE
CONSEIL DE L'EUROPE
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE