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Bulletin Quotidien Europe N° 11170
AUDITIONS DES COMMISSAIRES-CANDIDATS / (ae) commission

Frans Timmermans, le bras droit de M. Juncker au révélateur

Bruxelles, 06/10/2014 (Agence Europe) - Un véritable « bras droit » appelé à remplacer le président de la Commission européenne quand ce dernier sera « physiquement ou mentalement absent ». C'est en ces termes que Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, a présenté, le 10 septembre, les fonctions du Premier vice-président de la Commission désigné, à savoir le Néerlandais Frans Timmermans. Ce dernier sera auditionné ce mardi 7 octobre par la conférence des présidents de groupes du Parlement européen et les députés.

Le ministre sortant des Affaires étrangères, âgé de 53 ans, né à Maastricht, rompu aux arcanes européens et qui a notamment été l'assistant du commissaire européen aux Relations extérieures Hans van de Broek de 1993 à 1999, rêvait initialement de la diplomatie européenne, finalement attribuée à l'Italienne Federica Mogherini. M. Timmermans a été ministre néerlandais des Affaires européennes entre 2007 et 2010.

S'il est confirmé par les eurodéputés, le ministre d'obédience sociale-démocrate devrait tout de même hériter d'un portefeuille de poids, particulièrement influent en ce qu'il sera doté d'un rôle de filtre de l'ensemble de la législation. La mission de M. Timmermans consistera en effet à scruter toutes les initiatives en préparation et à en jauger la pertinence au regard des principes de 'better regulation' et de la Charte des droits fondamentaux. Il sera en charge également des relations interinstitutionnelles et du mécanisme de l'État de droit, destiné à corriger les dérives dans les États membres. C'est justement Frans Timmermans qui appelé de ses vœux, au printemps 2013 avec trois autres ministres des Affaires étrangères européens, la création d'un tel mécanisme de suivi de l'État de droit. Dans les faits, M. Timmermans devra s'assurer que les atteintes aux valeurs fondamentales ne deviennent pas systémiques, comme cela a été reproché à la Hongrie. Autres tâches: s'assurer de la cohérence de la législation et du respect des principes de proportionnalité et de subsidiarité, ce qui devrait faire du Néerlandais, sinon un allié, du moins un partenaire incontournable du Royaume-Uni à l'heure où David Cameron veut remettre à plat toute la relation entre son pays et l'UE.

Dans sa lettre de mission, M. Juncker explique qu'il attend du Néerlandais qu'il s'attèle à: - réduire les charges de la bureaucratie ('red tape') au niveau européen ou national, via le programme REFIT ; - poursuivre la mise en œuvre de l'accord de partenariat spécial avec le Parlement européen ; - décider avec le PE dans les trois mois après sa prise de fonctions quelles législations doivent éventuellement être abandonnées si elles devaient se révéler inutiles.

M. Timmermans sera également en charge du dialogue avec les organisations religieuses ou non confessionnelles. Sa tâche sera aussi de conclure l'adhésion de l'UE à la Convention pour la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales du Conseil de l'Europe.

Le Néerlandais pilotera les mécanismes de coopération et vérification appliqués à la Bulgarie et à la Roumanie. Il aura aussi à gérer tous les travaux relatifs à la transparence et devra préparer une proposition rendant obligatoire le registre des lobbyistes, concernant le PE, la Commission et le Conseil, une grande promesse de M. Juncker. À ce titre, le Néerlandais représentera la Commission au Conseil Affaires générales de l'UE et il coordonnera également la représentation aux Conseils Justice et Affaires intérieures de l'UE. (SP)

 

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