Bruxelles, 06/10/2014 (Agence Europe) - La semaine des villes et régions a débuté, lundi 6 octobre, par un cri d'alarme à propos des factures européennes impayées au titre de la politique de cohésion.
Les journées 'Portes ouvertes' (Open days) auraient dû être inaugurées en fanfare pour célébrer la politique de cohésion réformée qui se met en place cette année. Toutefois, c'est sur un rappel à l'ordre que les différents invités ont décidé de célébrer la semaine des villes et régions, éclipsant la thématique 'Croître ensemble' de cette 12ème édition des Open Days.
Le vice-président du Parlement européen et ancien président du Comité des régions, Ramón Luis Valcárcel, a été le premier à dégainer en rappelant les 23 milliards d'euros de factures impayées fin 2013, un scénario qui est en passe de se répéter alors que le fossé entre les engagements et les paiements se creuse davantage encore. « Cela engendre des problèmes, surtout dans les pays frappés par la crise », a-t-il souligné, rappelant que le délai de 60 jours maximum pour exécuter les versements relatifs aux fonds structurels et d'investissements européens (ESIF) était « largement dépassé ».
La problématique a également été soulevée par le commissaire sortant à la Politique régionale, Johannes Hahn, qui a, pour sa part, ouvertement critiqué les États membres qui « doivent trouver une réponse au décalage entre leurs paiements et leurs engagements politiques ». Il a reconnu qu'il devenait difficile, pour son institution, d'honorer ses engagements, au point de mettre en danger l'efficacité de la politique régionale par manque de liquidités.
Plusieurs élus ont exprimé des inquiétudes de cet ordre lors du débat conjoint entre eurodéputés de la commission parlementaire REGD et membres du Comite des régions, après les déclarations d'ouverture. Tamás Deutsch (PPE, hongrois) a évoqué que d'ici la fin de l'année le montant des factures impayées serait de 35 milliards d'euros. À ses yeux, le fait que la règle de 60 jours pour honorer les paiements ne soit pas appliquée mène à une perte en crédibilité de la politique régionale de l'UE. Constanze Krehl (S&D, allemande), tout autant indignée, redoute la « perte de confiance » des bénéficiaires. « On parle de 300 milliards d'investissements, mais nous n'arrivons même pas à honorer 23 milliards ! », a-t-elle vivement protesté, concluant qu'elle se réjouirait si « au cours de ces journées portes ouvertes un message clair est envoyé que l'UE est bien engagée à honorer ses dettes contractées à l'échelon régional ».
Les Opens Days ont lieu à Bruxelles du 6 au 9 octobre et réunissent quatre jours durant des milliers de bénéficiaires ou experts de la politique de cohésion, lors d'une centaine d'ateliers de travail et conférences. (MD)