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Bulletin Quotidien Europe N° 11168
AUDITIONS DES COMMISSAIRES-CANDIDATS / (ae) Éducation

« je suis un Européen engagé », a affirmé Tibor Navracsics

Bruxelles, 02/10/2014 (Agence Europe) - Tibor Navracsics paiera-t-il cash sa proximité avec le président Orban ? C'est la question qui se posait à l'issue de l'audition du commissaire-candidat à l'Éducation, la Culture, la Jeunesse et la Citoyenneté, alors que de nombreuses critiques ont fusé sur les bancs des députés de la commission CULT du Parlement européen qui l'auditionnait mercredi 1er octobre. M. Navracsics s'attendait à devoir défendre les valeurs européennes, alors que la Hongrie s'est illustrée ces dernières années par ses bras de fer avec l'UE pour ses lois très controversées sur les médias et ses réformes de la justice (EUROPE 11157). Dans son discours d'ouverture, il a d'emblée affirmé son attachement à l'intégration européenne. « Être commissaire, c'est être un Européen engagé, être commissaire, cela veut dire représenter l'intérêt européen et rien d'autre, c'est servir le citoyen européen », a-t-il assuré. Et de souligner sa volonté de défendre la dignité humaine, la démocratie, l'égalité, l'État de droit et les droits de l'homme (« Nous sommes unis par les mêmes valeurs »). Les députés de l'aile gauche ne l'ont pas épargné sur son passé, en tant qu'ancien ministre de la Justice sous le gouvernement Orban. À ce stade, il n'est pas certain que le PE vote positivement pour M. Navracsics. La commission CULT a décidé de reporter au 6 octobre sa décision qu'elle annoncera après une réunion à huis clos. Déjà, les groupes ADLE et GUE et la majorité des députés S&D ont indiqué qu'ils voteraient contre la nomination du Hongrois.

L'avenir et l'emploi des jeunes, la diversité culturelle et linguistique, les industries culturelles et créatives, la modernisation de l'enseignement supérieur: nombreux sont les chantiers que le commissaire-candidat compte poursuivre lors de son mandat. M. Navracsics a cité six objectifs auxquels il s'attachera prioritairement: 1) l'éducation au cœur de la politique européenne pour la croissance et l'emploi ; 2) la prospérité des industries créatives et culturelles à l'ère numérique ; 3) la modernisation des universités européennes ; 4) la lutte contre le chômage des jeunes (en partenariat avec la commissaire en charge de l'Emploi) ; 5) la participation des jeunes à la vie politique et sociale ; 6) la revalorisation de la citoyenneté européenne. Même si ces compétences ne figurent pas nommément dans son portefeuille, le commissaire-candidat a l'intention de contribuer au secteur du sport et au multilinguisme. En matière de sport, il focalisera son action sur la protection des jeunes athlètes et la lutte contre le dopage, les matchs truqués et la violence. Il apportera sa contribution à la première semaine européenne du sport qui se tiendra l'année prochaine. En ce qui concerne le multilinguisme, il s'attachera à promouvoir et à défendre toutes les langues.

Un commissaire à la Citoyenneté respectable ? C'est la question qui est revenue en leitmotiv tout au long de l'audition, avec des interventions parfois très dures, rappelant au commissaire-candidat les lois hongroises liberticides qu'il a lui-même défendues en tant que ministre de la Justice. « Je soutiens très fermement l'idée de la pluralité et de la liberté d'expression et la liberté des médias », a martelé M. Navracsics, en insistant sur son rôle de médiateur dans le conflit qui a opposé en 2010 et 2011 la Hongrie à l'Union européenne. Ses réponses n'ont pas fait mouche. « Comment pensez-vous être crédible ? », s'est insurgé Jean-Marie Cavada (ADLE, français) ; « Je ne suis pas convaincue, vous n'avez pas donné de réponse concise sur la garantie des droits des citoyens », a déploré Margrete Auken (Verts/ALE, danoise) ; « Je ne vous accorde pas le bénéfice du doute car M. Orban ne respecte pas la démocratie », a ajouté Fernando Maura Barandiarán (ADLE, espagnol). Faisant allusion à la suppression du statut fiscal des ONG de gauche, le député Curzio Maltese (GUE, italien) a estimé que la société civile était menacée en Hongrie. « J'ai personnellement de bonnes relations avec les ONG, vous ne trouverez pas d'informations sur un conflit durant mon mandat (de ministre de la Justice: NdlR) (…) Je veux coopérer avec les ONG ». Seul le député PPE hongrois, membre de Fidesz, András Gyürk, a volé au secours de M. Navracsics, estimant que « beaucoup de choses erronées » avaient été dites.

L'importance des investissements dans l'éducation. Répondant à une question d'Isabella Adinolfi (EFDD, italienne), le commissaire-candidat a insisté sur l'importance d'investir dans les écoles, même en temps de crise, pour fournir aux élèves la formation et les outils TIC dont ils ont besoin pour affronter l'avenir. « Il faut convaincre les États membres que c'est un bon retour sur investissement », a dit M. Navracsics.

La culture n'est pas seulement une composante de la compétitivité. Le commissaire-candidat a rassuré Milan Zver (PPE, slovène): la culture n'est pas qu'un élément de la compétitivité et il faut plus de crédits à disposition de la culture. L'Agenda culturel est un instrument qui renforcera et préservera la création culturelle.

Protéger la diversité linguistique. Alors que des députés - Liadh Ní Riada (GUE, irlandaise), Soledad Cabezón Ruiz (S&D, espagnole), Jill Evans (Verts/ALE, britannique) - redoutent de voir une dilution de la diversité linguistique puisque le multilinguisme n'est plus explicitement dévolu au commissaire à l'Éducation, M. Navracsics a dit que les langues font partie du patrimoine européen et qu'il s'impliquerait dans la défense des langues minoritaires, protégées par la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. (IL)

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