Bruxelles, 02/10/2014 (Agence Europe) - Très bien préparé et muni d'une multitude de dossiers pour lui venir en aide, Phil Hogan, le commissaire-candidat au poste de l'Agriculture et du Développement rural, a bien réussi son audition devant les membres de la commission de l'agriculture du Parlement européen, jeudi 2 octobre. La désignation de Phil Hogan à ce poste a été approuvée dans la foulée par la commission agriculture du PE. Celle-ci a dû procéder à un vote en bonne et due forme à la demande du groupe GUE.
L'ancien ministre de l'Environnement, Phil Hogan, qui a grandi dans une ferme (EUROPE 11155), s'est engagé à développer un secteur agricole moderne, orienté vers le marché et fondé sur la recherche. Parmi ses priorités figure la simplification de la politique agricole commune (PAC), notamment les règles sur le verdissement et la révision à mi-parcours de la PAC.
« Mon ambition est de façonner de manière positive l'agriculture et le développement rural au cours des cinq prochaines années », a déclaré M. Hogan lors de son discours introductif. « Nous entrons dans une nouvelle phase. C'est uniquement grâce à une agriculture plus forte et plus compétitive et à une stabilité pour nos agriculteurs que nous pourrons bâtir la sécurité alimentaire et générer la croissance et des emplois », a-t-il ajouté. L'agriculture est un secteur stratégique pour notre société, a-t-il poursuivi, surtout que la demande mondiale pour l'alimentation augmente.
Simplification. « Un de mes engagements, en tant que nouveau commissaire, sera d'examiner toute la législation sur la PAC pour voir ce qui peut être simplifié, sans remettre en question ni l'efficacité de la politique, ni la bonne gestion financière », a dit le commissaire-candidat. Après une année d'application de la réforme, j'ai l'intention d'examiner si notre politique, en particulier en ce qui concerne les paiements directs, est conçue d'une manière qui est correctement appliquée dans la pratique. Sinon, il proposera des amendements. Cet exercice inclura les arrangements sur le verdissement et les zones d'intérêt écologique. Il compte aussi revoir les indications géographiques et le régime des fruits et légumes.
Embargo russe. M. Hogan a admis qu'il s'agissait d'un vrai défi. « Nous avons essayé de stabiliser les marchés et d'aider à réorienter nos exportations vers d'autres marchés. Je vais surveiller de près l'évolution des marchés. Si nécessaire, je n'hésiterai pas à prendre les mesures nécessaires ».
Janusz Wojciechowski (CRE, polonais) l'a interrogé sur les modalités de financement des mesures. Les crédits portent sur 2015 et pas 2014, a répondu M. Hogan. « Il faudra voir comment financer tout cela. D'ici mi-octobre nous aurons les estimations de la Commission. La réserve de crise signifie que l'on doit prélever de l'argent sur les paiements directs de tous les agriculteurs. C'est donc un problème qui se pose », a-t-il poursuivi. Il va travailler avec le collège des commissaires pour voir ce qu'on peut faire.
Lait. Selon le futur commissaire, l'abolition des quotas de production placera l'agriculture de l'UE dans une bien meilleure position pour répondre aux signaux du marché et aux défis mondiaux. En réponse à de nombreuses questions de députés (dont le Britannique James Nicholson du groupe CRE, ou Diane Dodds, non-inscrite), M. Hogan a admis qu'il y avait « pas mal de volatilité, ce qui est préoccupant. Je vais utiliser toutes les mesures de la boîte à outil et, éventuellement, des restitutions à l'exportation, même si elles sont très coûteuses ». Il a ajouté qu'il n'était pas juste de changer les règles à mi-parcours et a rappelé que 20% des pays de l'UE n'ont pas atteint leur quota. Il s'est montré compréhensif à l'égard des emplois dans les régions où la fin des quotas posera problème.
Négociations internationales. Concernant le TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership with the United States), M. Hogan a dit que cet accord serait une priorité importante. « Mais il devra être raisonnable et équilibré et ne devra pas conduire à une pression à la baisse de nos normes de production et j'ai l'intention de maintenir des protections aux frontières pour les secteurs les plus sensibles ». « On ne va pas sacrifier les normes très élevées mises en place depuis notamment la crise de la vache folle », a-t-il ajouté en répondant notamment à Michel Dantin (PPE, français).
Indications géographiques. En répondant à Éric Andrieu (S&D, français), M. Hogan s'est engagé à renforcer les indications géographiques et les contrôles pour lutter contre les fraudes en cas de violations transfrontalières. Nous sommes très conscients de cela dans les négociations commerciales avec les États-Unis, le Mexique ou le Japon, a-t-il dit. « Nous n'allons pas céder aux USA sur les indications géographiques », a-t-il promis.
Les « affaires ». Matt Carthy, du Sinn Féin, a attaqué M. Hogan sur des affaires (compagnie irlandaise des eaux, discriminations à l'égard des minorités en matière d'attribution d'un logement). Le commissaire-candidat a répondu qu'il n'avait jamais contribué à clore une enquête (elle dépendait d'un autre ministère que le sien). Les 50 millions d'Irish Water ont été utilisés pour les logiciels et le matériel pour mettre en place les nouvelles installations permettant aux Irlandais d'avoir une eau de meilleure qualité. Ceci a fait l'objet d'une évaluation indépendante. Sur 180 millions de dépenses, 172 millions ont été contrôlés, a précisé M. Hogan. Sur la lettre de Nessa Childers (S&D, irlandaise), faisant remonter à la surface des agissements du ministre quelque peu discriminatoires pour les gens du voyage, M. Hogan a lancé: « Il semble qu'il n'y ait pas beaucoup de discipline dans votre parti. J'espère que vous n'aurez pas à vous en mordre les doigts ».
Pratiques déloyales des supermarchés. Mairead McGuinness (PPE, irlandaise) a interrogé M. Hogan sur les pratiques déloyales des supermarchés. Le futur commissaire a dit qu'il était prêt à présenter des instruments juridiques si les initiatives volontaires (code de conduite) ne marchent pas. (LC)