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Bulletin Quotidien Europe N° 11168
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) bce

Le programme de rachat d'ABS et d'obligations sécurisées précisé

Bruxelles, 02/10/2014 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne (BCE) a précisé les modalités du programme de rachat massif de titres adossés à actifs (ABS) et d'obligations sécurisées (covered bonds), jeudi 2 octobre à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs qui s'est tenue à Naples.

D'une durée d'« au moins 2 ans » à partir de mi-octobre, ce programme vise à « stimuler l'octroi de prêts aux PME », a estimé le président de l'Institut monétaire de Francfort, Mario Draghi. Il permettra aux banques d'évacuer de leurs états financiers des prêts immobiliers ou à la consommation contractés par des acteurs non financiers et qui seront reconfigurés sous forme de titres financiers que la BCE rachètera. De cette manière, les banques, qui assurent 80% de l'intermédiation financière en Europe, devront détenir moins de fonds propres et pourront prêter davantage aux opérateurs économiques.

Ces titres devront être « simples et transparents », a souligné M. Draghi. En termes de gestion des risques liés à la qualité des titres, il a dressé un parallèle avec les titres ABS que l'Eurosystème accepte en tant que garantie ('collateral') à ses opérations de refinancement bancaire. « Nous essaierons d'être le plus inclusif possible mais avec prudence », a indiqué M. Draghi. Notamment, afin que le programme couvre l'ensemble de la zone euro, les titres ABS et les obligations sécurisées issus de pays comme la Grèce ou Chypre, qui ne sont plus éligibles en tant que collatéraux en raison d'une notation de crédit faible, seront soumis à des règles spécifiques visant à réduire les risques qu'ils comportent. Parmi ces conditions figure l'obligation pour les pays où sont émis les titres ABS et obligations sécurisées de faire l'objet d'un plan de sauvetage.

Le programme de rachat d'ABS et d'obligations sécurisées complète l'opération 'TLTRO' d'injection ciblée de liquidités massives. Ces actions auront pour impact de faire croître de façon « substantielle » le bilan de la BCE, a admis M. Draghi qui n'a pas souhaité communiquer un chiffre exact sur l'accroissement de la taille du bilan qui devrait retrouver un niveau proche de 2012. Les spécialistes évoquent une augmentation de 1 000 milliards d'euros.

Faiblesse de l'économie. M. Draghi a fait état d'un « affaiblissement » de l'élan économique même si, à moyen terme, les perspectives d'une reprise « modérée » demeurent. Pèsent davantage, selon lui, sur la croissance un certain nombre de risques baissiers tels que les tensions géopolitiques aux portes de l'Europe, la diminution du volume de prêts bancaires à l'économie et le faible engouement des États membres à procéder aux réformes structurelles. Face à une situation économique marquée par une croissance atone et une trop faible inflation (0,3% en septembre, 0,4% en août selon Eurostat), le Conseil des gouverneurs se tient prêt à utiliser les instruments conventionnels ou extraordinaires à disposition de la BCE pour que les perspectives d'inflation à moyen terme demeurent ancrées à un niveau proche, mais inférieur à 2%.

Le président de la BCE a réitéré sa conviction que la politique monétaire ne peut pas, à elle seule, résoudre tous les problèmes de l'Eurozone. Selon lui, ses effets sur le financement de l'économie se feront d'autant plus sentir que les États membres réformeront leur économie pour libérer de nouvelles sources de croissance, tout en respectant les règles du Pacte de stabilité et de croissance en tant qu'« ancre de stabilité ».

France. Quelle appréciation portez-vous sur la France qui a annoncé, la veille, un projet de budget 2015 repoussant à 2017 le retour du déficit public sous la barre des 3% du PIB (EUROPE 11167) ? Tout le monde a intérêt à ce que la France retrouve la croissance, a estimé M. Draghi, faisant « confiance » dans la capacité du gouvernement français à réformer son économie. Les réformes annoncées ont été élaborées pendant un long moment ; « maintenant, le temps est venu de la mise en œuvre », a-t-il quand même souligné.

Jeudi, le Premier ministre italien, Matteo Renzi, qui peine à faire passer la réforme du travail dans son pays, a pris la défense du gouvernement français, son allié politique au niveau européen. Il accueillera un sommet européen extraordinaire consacré à l'emploi et à la croissance, mercredi 8 octobre à Milan.

Quant à la manifestation contre l'austérité qui s'est déroulée à Naples en marge de la réunion du Conseil des gouverneurs, M. Draghi a jugé que l'euro, qui est « irréversible », n'était pas le problème mais la solution. Il a énuméré de nombreuses mesures déjà prises (taux ayant atteint des plus bas, injection massive de liquidités…) pour lutter contre la faible inflation et in fine soutenir l'économie à travers le système bancaire. Qu'ils soient dans ou hors de la zone euro, les États doivent réformer leur économie, a estimé M. Draghi, considérant même que le coût de ces réformes est plus élevé pour un pays n'utilisant pas la monnaie unique.

Taux inchangés. La BCE a décidé, jeudi, de ne pas modifier le niveau de ses taux directeurs réduits par surprise en septembre (EUROPE 11148). Le taux des opérations principales de refinancement reste donc à +0,05%, celui de la facilité de prêt marginal à +0,3% et celui de la facilité de dépôt à -0,2%. (MB)

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