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Bulletin Quotidien Europe N° 11150
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) antitrust

La perspective d'un accord s'éloigne pour Google, qui se rebiffe

Bruxelles, 08/09/2014 (Agence Europe) - Jamais deux sans trois ? La troisième série d'engagements proposée par Google pour répondre des accusations d'abus de position dominante pourrait à son tour être jugée insuffisante face aux nouveaux arguments mis en avant par les plaignants, a laissé entendre le commissaire européen chargé du dossier, Joaquin Almunia, dans une interview à Bloomberg, le 6 septembre.

« Certaines réponses des plaignants » aux lettres préalables au rejet de leur plainte « étaient très très négatives », a expliqué M. Almunia. Il a déclaré que plusieurs parties avaient introduit « de nouveaux arguments, de nouvelles données, de nouvelles considérations ; donc nous devons désormais les analyser et voir si nous pouvons trouver des solutions, si Google peut trouver des solutions à ces inquiétudes que nous trouvons justifiées ». Plusieurs entreprises plaignantes ont convoqué la presse la semaine dernière dans un réquisitoire contre les derniers engagements de Google et la gestion du dossier par la Commission (EUROPE 11148). M. Almunia s'est toutefois refusé à présager de l'issue de l'enquête. « Nous sommes dans un processus en cours, nous travaillons de manière rigoureuse à essayer de comprendre les arguments des plaignants et de tirer des solutions de Google » face à ceux-ci, a-t-il indiqué.

Sentant le vent changer, Google s'est défendu dans un article de son directeur exécutif, Eric Schmidt, publié le même jour sur le blog du géant américain. Réfutant l'accusation de position dominante, Google explique notamment que les utilisateurs d'Internet tendent à se rendre directement sur des sites d'informations pour trouver un article de presse, ou sur le site d'une compagnie aérienne pour réserver des vols, sans passer forcément par l'intermédiaire du site de recherche. « Il n'est pas non plus vrai que nous faisons la promotion de nos propres produits au détriment de la concurrence ; nous montrons au sommet de la page les résultats qui répondent directement aux demandes des utilisateurs ; après tout, nous avons construit Google pour eux, et non pas pour les sites », argumente M. Schmidt. Google a également sollicité une rencontre avec certains députés européens qui ont fait entendre leur voix dans ce dossier contre les engagements du géant américain.

M. Almunia doit décider avant fin septembre de quelle manière aller de l'avant dans cette affaire, qu'il juge « complexe ». La prochaine Commission pourrait potentiellement hériter du dossier et réclamer notamment une visibilité plus grande pour les rivaux de Google et une révision du principe d'enchère par le biais duquel trois services concurrents seront mis en avant (EUROPE 11127). Dans son interview à Bloomberg, M. Almunia a aussi indiqué qu'en l'absence de réponse satisfaisante de Google concernant le système d'exploitation mobile Androïd, une enquête pourrait également être ouverte sur ce front. (EL)

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