Bruxelles, 08/09/2014 (Agence Europe) - Maria Damanaki, commissaire européenne à la Pêche et aux Affaires maritimes, a souligné, lundi 8 septembre, que des aides étaient possibles en faveur des pêcheurs européens affectés par l'embargo russe sur les importations de produits de la pêche. Selon les chiffres de 2013, la valeur totale des exportations des produits de la pêche de l'UE visés par l'embargo russe était de 144 millions d'euros, ce qui représente 2% de la valeur de la production totale annuelle de poissons et de l'aquaculture de l'UE.
Dans une lettre adressée au ministre italien de la Pêche, Maurizio Martina, qui préside les travaux du Conseil, et au président de la commission pêche du Parlement européen, Alain Cadec, la commissaire Maria Damanaki a souligné que l'UE pouvait apporter un soutien financier au secteur européen de la pêche et autoriser des transferts, en 2015, de quotas de pêche non utilisés.
La Commission européenne appelle les gouvernements de l'UE concernés par l'embargo à utiliser « aussi rapidement que possible » les possibilités offertes par le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP). En effet, le FEAMP prévoit le versement d'une aide financière en faveur des organisations de producteurs qui ne peuvent pas vendre leurs produits (en l'occurrence à la Russie). Cette aide leur permet de stocker les produits invendus jusqu'à ce que de nouveaux marchés soient trouvés. Le déblocage de ces aides au stockage ne nécessite pas l'approbation de Commission européenne, explique Mme Damanaki.
La Commission rappelle aussi l'existence de règles de flexibilité qui permettent aux États membres de l'Union européenne de reporter à l'année d'après jusqu'à 10% des quotas de pêche qui leur sont accordés l'année en cours. Maria Damanaki a indiqué que, compte tenu des circonstances actuelles, elle a demandé à ses services d'examiner la possibilité d'aller au-delà de la règle de 10% en ce qui concerne cette règle de flexibilité. La commissaire est prête à accepter d'aller exceptionnellement au-delà de 10%, à condition qu'une analyse scientifique confirme qu'une telle proposition ne compromettrait pas la viabilité à long terme des stocks de poissons.
Les produits de la pêche concernés par l'embargo russe sont les poissons vivants, frais, réfrigérés, congelés, salés ou en saumure et le poisson fumé, les mollusques et les crustacés. Les principaux États membres de l'UE exportateurs de ces produits vers la Russie étaient, en 2013, le Danemark, la Lettonie, le Royaume-Uni, l'Irlande, l'Estonie, l'Espagne et la France. La Russie est le 6ème plus important marché de l'UE pour les produits de la pêche. En 2013, les exportations européennes de produits de la pêche vers la Russie ont représenté 5% (199 millions d'euros en valeur) des exportations totales de l'UE en produits de la pêche. En 2013, les produits de la pêche ont représenté 0,2% du total des exportations de l'UE vers la Russie.