login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11150
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) eurogroupe

Grèce, Irlande et situation économique au menu des ministres

Bruxelles, 08/09/2014 (Agence Europe) - Le lancement de la prochaine mission de la 'troïka' en Grèce, la volonté de l'Irlande de rembourser les emprunts contractés auprès du FMI de manière anticipée et la situation économique marquée par une croissance atone et un risque de déflation seront à l'ordre du jour de la réunion informelle de l'Eurogroupe, vendredi 12 septembre.

Grèce. Les ministres dresseront un état des lieux du 2ème plan de sauvetage grec, suite aux récentes discussions menées à Paris qui ont jeté les bases de la prochaine mission de suivi dont le coup d'envoi sera donné fin septembre (EUROPE 11149). Une des questions qui seront abordées pendant cette mission sera la trajectoire de la dette grecque à la lumière des derniers chiffres économiques et des prévisions budgétaires pour 2015. Les deux parties ne sont pas tombées d'accord, à Paris, sur l'ampleur du trou budgétaire pour l'année prochaine, que la 'troïka' estime deux fois plus grande que le suggèrent les projections du gouvernement.

L'annonce, ce week-end, du Premier ministre grec, Antonis Samaras, relative à des réductions d'impôts, notamment de la taxe sur le fioul, a pourtant été accueillie favorablement par la Commission. Aussi longtemps « que la dépense est rendue plus efficace, que le revenu est collecté de manière plus efficace et que l'économie se redresse, il devrait y avoir de la marge pour un ajustement des taux d'imposition à l'avenir, tout en respectant les objectifs budgétaires », a déclaré Simon O'Connor, porte-parole du commissaire chargé de l'euro, Jyrki Katainen. Et de rappeler qu'une étape avait déjà été franchie dans cette direction avec la réduction des contributions sociales le 1er juillet dernier.

« Les trois prochains mois seront plutôt intéressants », anticipe un haut fonctionnaire européen, le plan de sauvetage s'achevant fin 2014. Qu'est-ce qui viendra après ? « Je ne sais pas », déclare-t-il, observant toutefois la volonté des Grecs de retrouver un financement autonome et la stratégie du Trésor grec visant à reconstruire une courbe des taux d'emprunt. L'accès au marché est un acquis, estime cette source. Dans ce scénario, le programme du FMI continuerait seul jusqu'en 2016 et le pays serait tout à fait financé via le marché. Les volumes évoqués ne sont pas énormes, même pour le reste de cette année: « on parle d'une somme inférieure à deux milliards », explique ce haut fonctionnaire. Quoi qu'il arrive, l'implication de l'eurozone ne prendra pas fin avec le programme, puisqu'elle se poursuivra avec la surveillance post-programme qui jalonnera « plusieurs décennies » de remboursement des emprunts contractés auprès du FESF.

Irlande. Les ministres prendront connaissance des discussions sur le remboursement anticipé des prêts octroyés par le FMI à l'Irlande que leur homologue irlandais, Michael Noonan, aura eues cette semaine avec plusieurs leaders européens parmi lesquels le commissaire chargé de l'euro, Jyrki Katainen (lundi), et le président de la BCE, Mario Draghi (mardi). Confirmant l'existence d'une demande formelle en ce sens de la part des autorités irlandaises, ce haut fonctionnaire européen a vu cette initiative d'un bon oeil. « C'est bon pour la dette irlandaise, pour la stabilité financière de l'Irlande. Donc, c'est aussi bon pour nous », a-t-il indiqué. Selon lui, il est normal que les pays de la zone euro ayant achevé un plan de sauvetage réfléchissent à la possibilité d'un remboursement anticipé en raison des conditions avantageuses de financement sur les marchés. L'argent servant à un tel remboursement pourrait également provenir de la privatisation d'actifs bancaires nationalisés lors de la crise financière tels qu'Allied Irish Banks. Une décision politique n'est toutefois pas à attendre, vendredi, à l'issue de l'Eurogroupe qui a la mainmise sur les prêts du Fonds FESF à Dublin, la procédure nécessitant l'approbation de plusieurs parlements nationaux. Le sujet sera aussi abordé à vingt-huit, samedi lors de l'Écofin informel, dans la mesure où l'Irlande a emprunté 22,5 milliards d'euros au Mécanisme MESF de l'UE géré par la Commission européenne. Selon l'Irish Times, l'Irlande pourrait économiser 375 millions d'euros par an, si elle remboursait les emprunts contractés auprès du FMI.

Chypre. Les ministres se pencheront sur l'issue de la 5ème mission de suivi de la 'troïka', fin juillet. La 'troïka' avait alors conditionné le versement d'une tranche d'aide (350 millions d'euros de l'Eurozone et 86 millions du FMI) à la réalisation d'actions préalables. Fin juillet, un cadre sur l'insolvabilité a été approuvé. Après plusieurs jours de tergiversations, une loi sur les saisies immobilières a été adoptée par le Parlement chypriote, samedi 5 septembre. Plusieurs lois déposées par les parties politiques sont à présent à l'étude par le gouvernement, le président chypriote n'en ayant signé que huit sur quatorze. Selon ce haut fonctionnaire de l'UE, aucune documentation formelle n'était parvenue à l'eurozone au sujet des dispositions du paquet, très controversé sur l'île. Si rien n'est reçu d'ici la fin de la semaine, l'Eurogroupe ne donnera pas son feu vert au prochain versement. Le secteur bancaire chypriote étant plombé par les prêts toxiques, la 'troïka' avait exhorté les autorités de l'île à revoir la législation sur les saisies immobilières, jugée trop faible. Le FMI expliquait dans son dernier rapport de suivi qu'une saisie pouvait prendre jusqu'à vingt ans. Du côté chypriote, on avançait que des discussions avec la 'troïka' sur le paquet devaient se tenir lundi après-midi, une information que la Commission n'a pas confirmée. La presse chypriote relayait, lundi, les inquiétudes liées à la conformité des dispositions du paquet, qui, si elle est insuffisante, pourrait compromettre le prochain versement.

Situation économique. L'Eurogroupe procédera à un échange de vues sur la situation économique dans la zone marquée par une croissance atone et un risque déflationniste (inflation à 0,3% en août), une semaine après les décisions inattendues de la BCE de baisser ses principaux taux directeurs et lancer un programme de titres adossés à des actifs et d'obligations sécurisées (EUROPE 11148).

Sur le plan budgétaire, les ministres pourraient évoquer la question de la flexibilité du Pacte de stabilité et de croissance dans la perspective des projets de budget nationaux que les États membres devront soumettre à la Commission européenne au plus tard mi-octobre. Les conclusions du Conseil européen sont « claires »: elles établissent « un lien entre l'application des réformes structurelles et la possibilité d'allonger les délais » fixés pour la réalisation des objectifs à moyen terme, a souligné ce haut fonctionnaire, notant qu'une telle flexibilité avait déjà été utilisée par le passé.

Poursuivant le travail de suivi de la mise en oeuvre des recommandations de politique socio-économique adressées spécifiquement à l'eurozone (EUROPE 11115 et 11092), les ministres se pencheront à nouveau sur la question de la taxation du travail et, plus précisément, sur la manière de réduire le fardeau fiscal pesant sur le travail ('tax wedge') afin de stimuler la création d'emplois. Vendredi, à vingt-huit, ils plancheront sur les réformes structurelles (ex: réformes du marché du travail et des retraites, simplification administrative) et les investissements (ex: suivi du 'Small Business Act', achèvement du marché intérieur numérique et de l'énergie) les plus susceptibles de stimuler la croissance. « Une action commune de l'UE est nécessaire afin d'envoyer un message clair aux citoyens sur sa volonté à promouvoir un niveau plus élevé de croissance potentielle à travers les réformes structurelles et des investissements accrus », indique un document de la Présidence italienne préparatoire à ces discussions.

Union bancaire. L'Eurogroupe fera le point sur la mise en place du volet 'supervision' de l'union bancaire, alors que la BCE et l'Autorité bancaire européenne (ABE) peaufinent leur analyse de la solidité du secteur bancaire dont les résultats sont attendus pour la 2ème quinzaine d'octobre. La question des contributions de l'industrie bancaire aux fonds de résolution nationaux/européen sera abordée, samedi, lors du Conseil Écofin (EUROPE 11143). La Commission présentera ses mesures d'exécution d'ici la fin septembre (MB et EL)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE