Bruxelles, 31/07/2014 (Agence Europe) - C'est une image contrastée de l'intégration des migrants, qu'ils soient Européens ou en provenance de pays tiers, dans les vingt-huit marchés de l'emploi de l'UE, qu'a présentée l'Office statistique de l'UE (Eurostat), mercredi 30 juillet, dans une première étude de ce genre, qui lance une série de publications sur la problématique de l'intégration des migrants.
Les résultats sont contrastés, car ils divergent fortement en fonction de la provenance du migrant et du marché de travail analysé. Ainsi, les citoyens âgés de 20 à 64 ans d'un pays extra-européen ont été globalement plus de deux fois plus nombreux en 2013 à être au chômage que les citoyens d'un État membre de l'UE. En moyenne, le taux de chômage pour ces deux groupes a été respectivement de 21,3% et de 10%. Cette différence s'efface toutefois chez les chômeurs de longue durée (plus de 12 mois).
Pour comparer la situation entre les Vingt-huit, Eurostat a préféré mettre en avant le taux d'emploi. Dans l'ensemble de l'UE, les ressortissants d'un pays hors-UE ont été 56,1% à travailler, contre 68,9% des nationaux. Les premiers ont travaillé par ailleurs beaucoup plus souvent en ayant un contrat temporaire. D'un État membre à un autre, les différences peuvent être considérables, comme le montrent les cas de la Suède et de la Belgique, où la différence dans le taux d'emploi a tourné autour de 30% en défaveur des citoyens de pays hors-UE. La différence la plus faible est observée à Malte, en Hongrie, en Italie et en Lituanie, et elle a tourné en 2013 plus sensiblement en faveur des migrants en République tchèque et à Chypre.
Comme le souligne Eurostat, la situation des citoyens européens qui migrent à l'intérieur de l'UE s'est révélée non seulement différente, mais même à l'opposé de la situation des migrants de pays tiers. En effet, le taux d'emploi des migrants européens a été supérieur de 3% à celui des nationaux (70,9% contre 68,9%), et ce y compris au Royaume-Uni, où le Premier ministre, David Cameron, vient de relancer l'offensive contre les 'abus' des immigrants européens en matière d'allocations sociales (EUROPE 11131). Or, c'est justement dans ce pays que le taux d'emploi des citoyens d'autres États membres est le plus élevé de toute l'UE, à savoir 79,1%, alors que 75,4% des Britanniques actifs ont un travail. (JK)