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Bulletin Quotidien Europe N° 11133
INSTITUTIONNEL / (ae) commission

Femmes dans l'équipe Juncker, le compte n'y est pas encore

Bruxelles, 31/07/2014 (Agence Europe) - Pour résoudre le problème posé par le manque de femmes dans la prochaine Commission européenne et trouver une solution avec les États membres, Jean-Claude Juncker pourrait retarder la formation de son équipe qu'il comptait jusqu'à présent présenter aux chefs d'État et de gouvernement le 30 août, lors d'une réunion destinée notamment à désigner le Haut représentant de l'UE.

C'est ce qu'a indiqué, jeudi 31 juillet, la porte-parole du Luxembourgeois, Natasha Bertaud, alors que seuls deux gouvernements avaient, dans la journée, peu de temps avant le date butoir fixée aux États membres par M. Juncker, officialisé le nom d'une femme pour un poste de commissaire européenne. Le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, a confirmé jeudi le renouvellement de la mission de Cecilia Malmström, en charge actuellement des Affaires intérieures et de l'Immigration, qui s'est dite honorée par cette décision. Ce choix porte à deux le nombre de femmes officiellement désignées, la République tchèque ayant un peu plus tôt dans la semaine avancé la candidature de Vera Jourova. Les deux femmes sont issues de la famille ADLE. Une autre femme est pressentie par le gouvernement bulgare, en l'occurrence l'actuelle commissaire à l'Humanitaire, Kristalina Georgieva, mais son nom n'a pas encore été officiellement confirmé. Le Portugal pourrait aussi envoyer une femme, en la personne de Maria Luis Albuquerque, l'actuelle secrétaire d'État aux Finances, a rapporté la presse portugaise. MM. Juncker et Passos Coelho, le Premier ministre portugais, négocieraient ainsi un poste de nature économique pour Mme Albuquerque.

Le Danemark et la Slovénie restent deux pays qui pourraient désigner une femme, leurs intentions n'ayant pas encore été dévoilées jeudi à l'heure où nous mettons sous presse. Mais le nom de Christine Antorini (actuellement ministre de l'Éducation) était avancé pour le Danemark en remplacement de Connie Hedegaard.

Quant à la Belgique et l'Italie, pour lesquelles sont cités parmi d'autres hommes les noms de Marianne Thyssen et de Federica Mogherini, le suspense restait encore entier. Le gouvernement belge en affaires courantes a déjà indiqué qu'il ne trancherait entre Marianne Thyssen, Didier Reynders (ministre des Affaires étrangères libéral) ou Karel De Gucht (libéral flamand), actuel commissaire européen au Commerce, que d'ici « deux à trois semaines » (ce choix étant suspendu à la formation de la nouvelle coalition gouvernementale). Et cette coalition gouvernementale, si elle devait rester dominée par la partie flamande du royaume, pourrait ainsi dégager un boulevard pour M. Reynders dans l'équipe Juncker, fait valoir la presse belge. Le sort de Mme Mogherini restait à sceller jeudi 31 juillet. L'Italie n'a pas réussi à faire accepter le 16 juillet dernier lors du Conseil européen, la candidature de Mme Mogherini à la succession de Catherine Ashton. Matteo Renzi pourrait lui substituer le nom de l'ancien ministre italien des Affaires étrangères Massimo d'Alema, pronostiquait ces derniers jours la presse italienne.

Les calculs étant faits, Jean-Claude Juncker peut espérer à ce jour un maximum de 7 à 8 femmes, ce qui serait moins bien que la Commission Barroso 2, qui compte 9 femmes. Pendant sa campagne, M. Juncker a répété qu'il souhaitait au moins 9 femmes dans le collège des commissaires. Le Parlement européen a été très clair: il ne validera pas une équipe comptant moins de femmes que sous la Commission précédente, a mis en garde, le 15 juillet dernier à Strasbourg, le président du Parlement européen, Martin Schulz.

À ce jour, 17 pays ont officialisé leur candidat: Jyrki Katainen pour la Finlande (PPE), Günther Oettinger pour l'Allemagne (PPE), Johannes Hahn pour l'Autriche (PPE), Valdis Dombrovskis pour la Lettonie (PPE), Phil Hogan pour l'Irlande (PPE), Maros Sefcovic pour la Slovaquie (PSE), Neven Mimica pour la Croatie (PSE), Vytenis Andriukaitis pour la Lituanie (PSE), Karmenu Vella pour Malte (PSE), Andrus Ansip pour l'Estonie (ADLE), Vera Jourova pour la République tchèque (ADLE), Jonathan Hill pour le Royaume-Uni (ACRE), Dimitris Avramopoulos pour la Grèce (PPE), Cecilia Malmström pour la Suède (ADLE), Pierre Moscovici pour la France (PSE), Miguel Arias Canete pour l'Espagne (PPE) et Tibor Navracsics pour la Hongrie (PPE).

Discussions sur les portfolios. Les discussions sur les candidats vont de pair avec celles sur les portefeuilles souhaités par les États membres. Le président désigné de la Commission, Jean-Claude Juncker, s'attelle à réorganiser certains d'entre eux et notamment le grand portefeuille des affaires économiques et monétaires, convoité par plusieurs pays, ou celui du marché intérieur. Selon le Financial Times, ce dernier portefeuille, qui était assuré par le Français Michel Barnier sous 'Barroso 2', serait ponctionné de sa partie 'services financiers', celle-ci pouvant être assurée par un seul commissaire. Selon le FT, la Finlande, les Pays-Bas et la Lettonie seraient intéressés par le poste 'services financiers'. (SP)

 

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