Bruxelles, 18/07/2014 (Agence Europe) - Le Parlement européen a, jeudi 17 juillet, appelé les autorités soudanaises à protéger l'identité religieuse des minorités. Il a aussi exprimé sa préoccupation face aux mesures de répression de plus en plus sévères et aux attaques physiques à l'encontre des médias et de la société civile en Égypte. Enfin, il a demandé la libération immédiate et sans condition des lycéennes de Chibok au Nigeria.
Le PE a adopté trois résolutions ainsi résumées:
Soudan - l'affaire Meriam Yahia Ibrahim. Les députés appellent à l'abrogation de toutes les lois établissant une discrimination pour des raisons de sexe ou de religion au Soudan et demandent aux autorités soudanaises de faire en sorte que toutes les femmes enceintes et accouchant en détention reçoivent des soins de santé appropriés. Ils soulignent que l'adultère et l'apostasie sont des actes qui ne devraient aucunement être considérés comme des crimes. Par ailleurs, ils demandent au gouvernement du Soudan d'enquêter et de traduire en justice les personnes responsables de violations des droits de l'homme. L'Union européenne devrait « jouer un rôle de premier plan et faire pression en faveur de la rédaction d'une résolution forte sur le Soudan lors de la prochaine session du Conseil des droits de l'homme au mois de septembre 2014, qui dénonce les violations graves et généralisées des droits de l'homme et du droit humanitaire international dans le pays », affirme le PE.
Liberté d'expression et de réunion en Égypte. Les députés se déclarent profondément préoccupés « par une série de jugements récents, dont les longues peines de prisons prononcées le 23 juin 2014 à l'encontre de trois journalistes d'Al-Jazeera et de onze autres accusés jugés par contumace, ainsi que par la confirmation des condamnations à mort de 183 personnes » en Égypte. Le président égyptien devrait « veiller sans délai (...) à ce qu'aucune condamnation à mort ne soit exécutée » et que nul ne puisse être détenu si le verdict prononcé à l'issue d'une procédure judiciaire ne répond pas aux exigences d'un procès juste et équitable. Les députés déplorent « la censure des médias et de l'Internet », l'aggravation des violences faites aux femmes ainsi que l'incrimination des personnes LGBT exprimant leur orientation sexuelle et leur droit de réunion.
Selon le PE, les États membres devraient définir « une stratégie commune pour l'Égypte » et l'UE devrait mener ses activités en vertu du principe qui consiste à 'donner plus pour recevoir plus' (principe de conditionnalité). Les parlementaires demandent « l'interdiction à l'échelle de l'Union d'exporter en Égypte des technologies d'intrusion et de surveillance susceptibles d'être utilisées pour l'espionnage et la répression de citoyens ».
Attaques récentes de Boko Haram au Nigeria. Le Parlement se montre « extrêmement inquiet du fait que Boko Haram cible volontairement les femmes et les enfants dans sa campagne de guérilla sanguinaire » et dénonce « l'atteinte absolue aux droits fondamentaux » que représente le fait que Boko Haram interdise aux enfants d'accéder à l'éducation. Les informations faisant état de conversions forcées à l'islam et de l'imposition de la charia représentent une autre source de préoccupations pour les députés. Les parlementaires invitent instamment le gouvernement nigérian « à reconnaître et à respecter la liberté de la presse et des médias et à permettre aux journalistes et aux reporters d'avoir accès aux lignes de front ». Ils appellent l'UE « à collaborer avec les Nations unies et d'autres partenaires internationaux pour tarir les sources de financement et restreindre les mouvements de Boko Haram et en particulier de ses responsables ». (LC)