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Bulletin Quotidien Europe N° 11093
SOMMET DU G7 / (ae) g7

Un nouveau sommet dominé par la crise ukrainienne

Bruxelles, 03/06/2014 (Agence Europe) - La situation en Ukraine et les tensions avec la Russie, la situation de l'économie mondiale et le commerce, la sécurité énergétique, le changement climatique et le développement sont au centre de l'agenda du sommet du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) que l'Union européenne accueille, mercredi 4 et jeudi 5 juin, à Bruxelles.

Initialement, la Russie devait accueillir un sommet du G8 début juin à Sotchi, théâtre des récents jeux olympiques. Mais, lors d'une réunion exceptionnelle à La Haye le 24 mars, les dirigeants du G7, plus les présidents du Conseil européen et de la Commission européenne, ont décidé de ne pas se rendre en Russie et de se revoir à Bruxelles, à nouveau dans un format excluant Moscou (EUROPE 11046).

À ce stade, les Européens estiment « prématuré » d'organiser de nouveaux sommets du G8. « La Russie s'est auto-exclue » du groupe informel à travers ses actions, a indiqué une source européenne. « C'est à la Russie de décider de se comporter en ligne avec le droit international et les valeurs du groupe du G8 pour que le G8 soit à nouveau le G8 », a-t-elle souligné. Et de s'attendre « à ce que le G7 demeure G7 » tant que Moscou ne respectera pas les principes de « l'État de droit » et de « l'intégrité territoriale », sans évoquer explicitement l'annexion russe de la Crimée ni l'activisme militaire russe à la frontière ukrainienne.

Indésirable à la table du G7, la Russie est invitée, vendredi 6 juin, aux commémorations marquant le 70ème anniversaire du Débarquement allié de juin 1944, qui a changé le cours de la IIème Guerre mondiale.

Ukraine. Mercredi, lors d'un dîner de travail, les leaders des pays du G7 devraient aborder les questions de politique étrangère.

Sans surprise, le 'plat de résistance' sera l'Ukraine, a expliqué une source européenne. Les sept dirigeants devraient discuter des dernières évolutions, après les élections présidentielles ukrainiennes du 25 mai qui ont vu l'élection de Petro Porochenko (voir autre nouvelle), dont la persistance de la violence à l'est du pays et le retrait des troupes russes de la frontière.

Le G7 devrait saluer la tenue des élections mais aussi la retenue de l'Ukraine face aux interférences de la Russie dans la souveraineté du pays. Les chefs d'État et de gouvernement pourraient aussi s'entretenir quant à leur soutien à l'économie ukrainienne et aux réformes politiques. Ils devraient une nouvelle fois condamner la Russie pour la violation de l'intégrité territoriale de l'Ukraine, pour son annexion de la Crimée et pour son rôle dans la déstabilisation de l'est du pays.

Sur la question des sanctions à l'encontre de la Russie, les leaders pourraient confirmer le fait qu'ils sont prêts à intensifier les sanctions ciblées et à imposer des coûts supplémentaires à la Russie si les événements le nécessitent. « La priorité est donnée aux efforts diplomatiques et politiques », a pourtant nuancé une source européenne. « Les élections présidentielles en Ukraine font entrevoir les possibilités de discussions directes entre l'Ukraine et la Russie et nous appelons la Russie à s'engager dans des discussions, à reconnaître le président et à arrêter de déstabiliser la région est de l'Ukraine. Nous avons cette ouverture. C'est le message que nous souhaitons faire passer », a-t-elle ajouté, précisant que la Russie pouvait faire plus que ce qu'elle fait actuellement.

Les leaders du G7 feront le point sur plusieurs autres dossiers chauds. Notamment sur la Syrie, alors que plus de 160 000 personnes sont mortes depuis le début du conflit et 9,3 millions ont besoin d'assistance humanitaire. Ils pourraient revenir sur les élections présidentielles, dont la tenue mardi 3 juin a été qualifiée par l'UE de « parodie de démocratie, dénuée de toute crédibilité ». Les chefs d'État et de gouvernement devraient aussi appeler toutes les parties, en Libye, à s'engager dans un dialogue politique et dénoncer la violence. Les leaders devraient aussi appeler à des progrès dans le processus de paix au Proche-Orient, de l'Iran, de la Corée du Nord ou encore de l'Afghanistan.

Énergie. Avec en toile de fond la crise ukrainienne et les tensions avec la Russie, les dirigeants du G7 discuteront de la sécurité énergétique. S'appuyant sur les travaux de leur ministre de l'Énergie, réunis à Rome les 5 et 6 mai (EUROPE 11073), ils se pencheront sur l'identification et la mise en oeuvre de politiques énergétiques nationales séparément et ensemble, de manière à bâtir un système énergétique plus concurrentiel, diversifié et robuste, et à faible teneur en carbone. En mettant l'accent sur la diversification des routes et des sources d'approvisionnement, la modernisation des infrastructures énergétiques, l'amélioration de l'efficacité énergétique et le développement des sources d'énergie autochtones et des technologies propres.

Les dirigeants du G7 devraient endosser la déclaration du G7 Énergie, qui prévoit de compléter les efforts de la Commission européenne pour développer des plans d'urgence pour l'hiver 2014-2015 au niveau régional et échanger les meilleures pratiques en matière d'évaluation de la vulnérabilité au regard de la sécurité énergétique. Ils devraient aussi affirmer leur soutien aux efforts de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) pour préparer des options pour des actions individuelles et collectives du G7 dans le domaine de la sécurité du gaz et fournir une assistance technique à l'Ukraine et aux autres pays européens qui cherchent à développer leurs hydrocarbures autochtones et leurs énergies renouvelables et à améliorer l'efficacité énergétique.

Économie. Jeudi matin, les leaders feront le point sur la situation économique internationale. Les discussions porteront sur la façon d'accompagner la reprise économique et d'affronter le défi que pose un chômage encore élevé. À ce titre, le G7 soulignera l'importance de poursuivre les réformes structurelles, de compléter la réforme des marchés financiers en apportant notamment une vraie réponse aux problèmes pour la stabilité financière que représentent les institutions financières 'trop grosses pour faire faillite'.

Dans le domaine de la fiscalité, l'accent sera mis sur les travaux visant à empêcher l'évasion et la fraude fiscales. Les leaders mondiaux apporteront leur soutien au processus enclenché dans le cadre du G20. Mi-novembre en Australie, le sommet du G20 entérinera la norme de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) sur l'échange automatique d'informations fiscales (EUROPE 11074).

Commerce. En matière de commerce et d'investissement, les dirigeants du G7 devraient réaffirmer leur engagement contre le protectionnisme. Ils devraient faire le point sur les négociations multilatérales du round de Doha à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), souligner la nécessité de mettre rapidement en oeuvre le 'paquet de Bali' ficelé lors de la conférence ministérielle de décembre 2013 (EUROPE 10980) et de poursuivre les efforts en matière d'aide au commerce. L'UE et ses États membres du G7 auront l'occasion d'évaluer et de donner un nouvel élan aux négociations de libre-échange avec chacun de leurs trois partenaires du G7, les États-Unis (TTIP), le Canada (CETA) et le Japon.

Changement climatique. Se réunissant à l'heure de la reprise des négociations climatiques internationales à Bonn (segment ministériel les 5 et 6 juin), les dirigeants du G7 devraient réaffirmer leur engagement à contenir la hausse de la température moyenne à la surface de la planète en dessous de 2 degrés Celsius et leur ferme détermination à conclure un accord climatique mondial en 2015, lors de la conférence climatique de Paris (COP 21, décembre 2015).

Cette confirmation constituera un signal pour le sommet climatique des chefs d'État convié par Ban ki-moon le 23 septembre New York et pour la conférence onusienne de Lima (COP 20) en fin d'année. Rappelons que, par la voix de l'Agence de protection de l'environnement américaine, les États-Unis viennent d'annoncer leur intention de réduire les émissions de leurs centrales existantes de 30% à l'horizon 2030 (par rapport à 2005), ce qui constitue un signal encourageant (EUROPE 11092).

Développement. Les questions de développement seront abordées lors d'un déjeuner de travail, jeudi 5 juin. Les dirigeants du G7 débattront du cadre global pour le développement post-2015 qui remplacera les objectifs du Millénaire pour le développement en combinant lutte contre l'extrême pauvreté et développement durable.

Ils devraient aussi réaffirmer leurs engagements concernant l'initiative Muskoka en faveur de la santé maternelle et infantile, l'alliance mondiale pour la vaccination et l'immunisation (GAVI), la nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition, le partenariat de Deauville, ainsi que la lutte contre l'évasion fiscale et les flux financiers illicites.

PE 2014. La question de la présidence de la Commission européenne ne figure certainement pas à l'ordre du jour du sommet du G7. Néanmoins, la présence des leaders de l'Allemagne, de la France, de l'Italie et du Royaume-Uni ainsi que des présidents du Conseil européen et de la Commission européenne pourraient être l'occasion d'échanges informels à ce sujet. Les Vingt-huit ont donné mandat à M. Van Rompuy de mener des consultations avec les leaders européens et le Parlement européen sur la présidence de la Commission en vue d'une décision formelle fin juin, a rappelé cette source européenne (EUROPE 11089). (AN, CG, EH, MB)

 

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