Bruxelles, 03/06/2014 (Agence Europe) - L'ambassadeur ukrainien auprès de l'UE, Kostiantyn Yelisieiev, a appelé, lundi 2 juin, l'UE à entreprendre des discussions sur les perspectives d'adhésion de l'Ukraine à l'UE. « Il faut revitaliser les discussions sur une claire adhésion pour l'Ukraine », a-t-il expliqué lors d'une conférence de l'European Policy Center (EPC). « Nous avons besoin d'une perspective d'adhésion, d'une nouvelle lumière au bout du tunnel », a-t-il souligné. « L'Ukraine devrait se voir accorder la perspective d'État membre, le plus tôt étant le mieux », a ajouté l'ambassadeur.
Mais pour le chef de mission de l'UE à Kiev, Jan Tombinski, le débat autour de l'adhésion est un « faux débat ». « Il y a très souvent des discussions sur de mauvaises questions posées à de mauvais moments », a-t-il poursuivi. « Ce n'est pas à l'agenda. Si l'Ukraine n'est pas capable de mettre en oeuvre ce qu'il y a dans l'accord d'association, les autres questions ne se poseront même pas, parce que ce serait absurde », a ajouté M. Tombinski. M. Yelisieiev a répondu que le fait de dire que fournir ou non une perspective d'adhésion n'était pas un sujet de discussion était, selon lui, « non pas seulement frustrant, mais aussi une sorte de trahison vis-à-vis de l'Ukraine ». « Le peuple ukrainien a sacrifié sa vie pour protéger les valeurs européennes », a-t-il rappelé.
Pour le collaborateur sénior à Egmont, Marc Franco, en proposant à l'Ukraine cet accord d'association, l'UE a été loin, mais en même temps pas assez loin. Pour lui, la perspective d'adhésion aurait dû en faire partie.
Signature de l'accord d'association en juin
M. Yelisieiev a précisé que la pierre angulaire de l'agenda européen est la signature et la bonne mise en oeuvre de l'accord d'association. Les deux ambassadeurs ont souligné que les dernières parties de l'accord, sur la justice et les affaires intérieures et la zone de libre-échange complet et approfondi, seront signées en juin. « L'autre partie de l'accord d'association va être signée en juin, il n'y a pas de doutes sur le fait qu'il va être signé bientôt », a expliqué M. Tombinski. « Nous allons signer assez vite, très vite, ce mois-ci », a complété pour sa part M. Yelisieiev.
L'ambassadeur ukrainien a aussi apporté son soutien à une mission de politique de sécurité et de défense commune (PSDC) que l'UE pourrait mettre en place dans son pays. « Nous attendons l'établissement d'une mission spéciale PSDC de l'UE, pour nous aider à développer le renforcement des capacités de l'application de la loi », a expliqué l'ambassadeur ukrainien. « La mission de l'UE ne va pas remplacer l'OSCE, mais la compléter », a-t-il expliqué, ajoutant que son action serait limitée aux réformes dans les secteurs de la justice et de l'application de la loi. (CG)