Bruxelles, 03/06/2014 (Agence Europe) - Près de 460 matchs de football européen de la saison 2013-2014 pourraient avoir été truqués, dont 110 l'ont été « sans l'ombre d'un doute ». Ces affirmations ont été avancées mardi 3 juin dans la matinée à Bruxelles par l'eurodéputé belge Marc Tarabella (S&D), en charge d'une initiative sur la sensibilisation aux paris sportifs et matchs soupçonnés de corruption. Le député a aussi annoncé que la FIFA, « sensible à notre appel, fera contrôler les paris autour de chaque match de la Coupe du monde au Brésil », a-t-il dit dans un communiqué.
Europol avait détecté 680 matchs truqués entre 2008 et 2011. « La saison 2013-2014 aura été entachée de 460 cas, soit le double. Le chiffre d'affaires annuel relatif aux paris sportifs au niveau mondial se monte à plus de 500 milliards de dollars. D'après les autorités européennes, 10% de cette somme serait d'origine criminelle (blanchiment, corruption, ...) », a dit Marc Tarabella.
Ce phénomène concerne tous les championnats professionnels, mais se vérifie surtout dans des divisions inférieures ou des compétitions féminines, a expliqué l'eurodéputé, ces matchs se trouvant un peu moins sous contrôle. Sont notamment concernés: en France, un match de Ligue 2 entre Bastia et Clermont ; en Angleterre, 13 matchs amateurs qui ont été la cible de paris truqués ; en Italie, 9 matchs qui ont été truqués depuis le début de l'année ; en Grèce, 5 matchs de division 1. Certains matchs de tours préliminaires de la Ligue des champions en juillet 2013 ont aussi été trafiqués.
Ces faits, qui concernent aussi le monde du tennis (un match du Belge Olivier Rochus, en avril, est cité), appellent de toute manière à une réaction rapide de la part des autorités concernées, a jugé le député, à plus forte raison à quelques jours de l'ouverture de la Coupe du monde au Brésil et alors que de nouvelles accusations de corruption entachent l'organisation du Mondial en 2022 au Qatar.
L'eurodéputé a rappelé que le Parlement européen avait voté une série de textes législatifs contre le blanchiment, la corruption et les matchs truqués et obtenu l'interdiction des paris sur les matchs de jeunes. Mais le problème reste qu'« il y a peu ou pas de poursuites judiciaires. La plupart des fédérations nationales ont peur de porter plainte ou de pousser les clubs à le faire, de peur de salir leur compétition, alors que nous proposons justement de les nettoyer. L'UEFA a aussi clairement un rôle à jouer dans cette dynamique ».
Autre difficulté: les peines ne sont pas assez lourdes et pas toujours internationales, ce qui permet aux coupables d'éviter la sanction, explique le Belge. (SP)