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Bulletin Quotidien Europe N° 11093
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) Énergie

Différend gazier russo-ukrainien, un plan de règlement à l'étude

Bruxelles, 03/06/2014 (Agence Europe) - La Russie et l'Ukraine ont convenu, lundi 2 juin, d'étudier un plan permettant au gazier ukrainien Naftogaz de rembourser sa dette à l'égard du gazier russe Gazprom et de sécuriser l'approvisionnement de l'Ukraine en gaz russe jusqu'en juin 2015, a annoncé, dans la soirée de lundi, le commissaire européen à l'Énergie, Günther Oettinger, médiateur dans ce dossier.

Le paiement par l'Ukraine d'une première tranche de 786 millions de dollars pour le règlement de ses arriérés concernant les livraisons de gaz russe en février et mars derniers, confirmé par la partie russe lundi matin, a conduit Gazprom à retarder jusqu'au 9 juin le passage au pré-paiement pour ses livraisons de gaz à Naftogaz. Ce geste a permis aussi la poursuite des négociations avec, le même jour, la tenue à Bruxelles d'une nouvelle réunion trilatérale entre le commissaire Günther Oettinger, le ministre russe de l'Énergie, Alexander Novak, son homologue ukrainien, Iouri Prodan, ainsi que les dirigeants de Gazprom et Naftogaz.

Lundi, « de réels progrès ont été accomplis », a indiqué le commissaire Oettinger, à l'issue de la réunion. Les dirigeants de Gazprom et Naftogaz et les gouvernements russe et ukrainien ont accepté d'étudier un plan de règlement de leur différend gazier, a-t-il expliqué. « Gazprom et Naftogaz souhaitent étendre leurs consultations et continuer les négociations dans les prochains jours. Une fois que les négociations auront abouti à une proposition de solution consolidée, les deux parties feront rapport à leur ministre, en vue de se réunir à nouveau en format trilatéral sans délai », a ajouté M. Oettinger. En outre, « les parties ont convenu que, tant que les pourparlers sont en cours, il n'y aura ni interruption des livraisons ni prépaiement par l'Ukraine des livraisons de gaz russe pour juin et aucune des deux parties ne recourra à l'institut d'arbitrage commercial de Stockholm », a précisé le commissaire.

« Ma demande, et ce que j'attends, est que nous parvenions à un plan qui couvre la période jusqu'en juin de l'an prochain », a ajouté M. Oettinger devant la presse. Le commissaire n'a pas révélé le détail du prix considéré dans les négociations entre Moscou et Kiev, se contentant de dire qu'il est inférieur aux 485 dollars pour 1 000 mètres cubes réclamés par Gazprom et supérieur aux 268,50 dollars souhaités par Naftogaz.

L'Ukraine veut un changement aux conditions d'un contrat de 2009 qui la contraint à acheter un volume déterminé de gaz à 485 dollars pour 1 000 mètres cubes, le prix le plus élevé acquitté par un client européen. Fin 2013, la Russie avait revu ce prix à la baisse, à 268,50 dollars, avant de le rétablir après la destitution de l'ex-président ukrainien pro-russe, Viktor Ianoukovitch. M. Oettinger tente de faire se rencontrer les parties russe et ukrainienne sur un prix médian. Le prix moyen payé à Gazprom par les clients européens se situe autour de 370 dollars les 1 000 mètres cubes.

Avant le paiement de la première tranche de 786 millions d'euros, la dette cumulée par l'Ukraine à l'égard de Gazprom pour le gaz livré avant le 1er avril s'élevait à 2,2 milliards de dollars. Tandis que le différend se poursuit, Gazprom continue de facturer Naftogaz au tarif de 485 dollars les 1 000 mètres cubes. Si bien que, avant le paiement effectué par Kiev en fin de semaine dernière, la dette ukrainienne accumulée entre 2013 et 2014 s'élevait à 3,5 milliards de dollars. Elle pourrait grimper à 5,2 milliards de dollars le 7 juin, si aucun paiement n'est effectué d'ici là.

À l'issue de la réunion de lundi, le ministre russe, Alexander Novak, a indiqué que l'Ukraine devait verser à Gazprom 1,451 milliard de dollars pour le gaz russe consommé en novembre et décembre 2013 et commencer à payer pour le gaz importé en avril et mai « d'ici la fin de la semaine ».

Auparavant, Gazprom a officiellement notifié à Naftogaz sa décision de passer au système de prépaiement et a émis une facture pour juin. Si l'Ukraine ne règle pas cette facture dans les délais prévus, la Russie pourrait lui fermer le robinet, ce qui pourrait entraver le transit du gaz russe vers l'Europe.

L'UE, qui importe 25% de son gaz de Russie, dont près de la moitié transite par l'Ukraine, ne veut pas courir le risque d'une nouvelle perturbation des livraisons de gaz russe, comme lors des différends gaziers russo-ukrainiens de 2006 et 2009. (EH)

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