Bruxelles, 03/06/2014 (Agence Europe) - Annonçant les priorités de la 12ème présidence italienne du Conseil de l'UE, le Représentant de l'Italie auprès de l'UE, Stefano Sannino, a mis en avant la croissance. « Nous allons essayer de nous concentrer sur la croissance », a-t-il annoncé lors d'une conférence à l'European Policy Center, mardi 3 juin. La présidence, qui sera en charge du 1er juillet au 31 décembre, travaillera sur trois axes: « l'Europe des opportunités », avec les éléments liés aux points économiques et financiers, « l'Europe des droits », avec des éléments liés à la justice et aux affaires intérieures, et « l'Europe mondiale », soit la dimension extérieure de l'UE.
La présidence italienne va essayer de définir un cadre pour 'EUROPE 2020', avec pour objectif le Conseil européen de décembre. L'emploi des jeunes, le financement de la croissance, en essayant de définir des initiatives dans ce domaine, seront des priorités. « La Commission va devoir présenter un rapport sur la mise en oeuvre de la gouvernance économique, le 'Two pack' et le 'Six pack'. Cela peut être une opportunité pour voir quelles peuvent être les marges pour être certains que le processus est positif pour la croissance », a ajouté M. Sannino. L'Italie souhaite aussi mettre en avant l'économie « réelle », avec la politique industrielle et l'économie digitale. En termes de marché intérieur, l'Italie souhaite terminer le Single Market Act 2 et voir quelles peuvent être les étapes suivantes. L'énergie et le climat seront aussi des éléments importants de la présidence. La mise en oeuvre de l'Union bancaire, le travail sur la lutte contre le blanchiment d'argent et sur la taxation (taxe sur les transactions financières) devraient aussi être poursuivis, tout comme le travail sur les ressources propres de l'UE.
Accent sur la migration
La présidence devrait aussi se concentrer sur la justice et les affaires intérieures, dont le problème de la migration. « C'est un réel challenge pour l'UE », a expliqué M. Sannino. « La migration est un des dossiers difficiles. La clé pour avancer est de sortir de la confrontation et de l'incrimination pour aller à une coopération logique », a-t-il ajouté. L'Italie veut aussi se pencher sur le bureau du Procureur général, la protection des données et l'amendement du code des visas. La présidence souhaite travailler sur les droits fondamentaux au sein de l'UE.
Tout en respectant le rôle du Haut représentant pour les Affaires étrangères de l'UE, la présidence italienne souhaite que l'accent soit mis davantage sur la dimension méditerranéenne. « Si les récents événements à l'est (…) ont demandé beaucoup d'attention, nous voulons être sûrs que la Méditerranée ne soit pas oubliée, c'est une région très sensible », a-t-il expliqué. L'Italie veut faciliter et aider au développement de la région à travers la mise en place d'une plateforme pour coordonner l'investissement en Méditerranée, la dimension énergétique et le lien entre développement et migration. Les accords commerciaux, dont le traité avec les États-Unis, sont d'autres priorités.
« Nous essayons d'être ambitieusement réalistes. Nous allons faire de notre mieux pour répondre aux demandes de nos citoyens », a prévenu M. Sannino tout en estimant que la présidence serait assez difficile, car le président du Conseil italien, « Matteo Renzi, parie beaucoup sur le changement de l'Europe. Ce n'est pas une tâche facile ». La présidence sera d'autant plus un défi qu'elle a lieu à un moment de transition: le Parlement va se mettre en place et la Commission et le président du Conseil européen vont changer. « Nous serons aussi appelés à aider à la mise en forme du programme pour les cinq prochaines années », a-t-il ajouté. (CG)