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Bulletin Quotidien Europe N° 11093
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) Économie

L'OIT pointe du doigt l'impact social de la consolidation budgétaire

Bruxelles, 03/06/2014 (Agence Europe) - L'Organisation internationale du travail (OIT) a dressé, mardi 3 juin, un constat sans appel de l'impact social des mesures d'assainissement budgétaire. Non seulement seuls 27% de la population mondiale ont accès à un système complet de protection sociale, mais, de surcroît, la réduction de cette dernière compromet la reprise économique.

Dans son rapport mondial sur la protection sociale 2014-2015, l'OIT explique que, dans la première phase de la crise (2008-2009), au moins 48 pays à revenu élevé ou intermédiaire ont mis en place des plans de relance dont un quart était consacré à des mesures de protection sociale. « Ce soutien a agi comme stabilisateur automatique qui a aidé les économies à retrouver leur équilibre » et a protégé les plus vulnérables, écrit l'OIT. Dans une seconde phase de la crise, cependant, de nombreux gouvernements ont fait volte-face « et se sont embarqués prématurément dans des mesures d'assainissement budgétaire, malgré l'impérieux besoin de prolonger le soutien aux populations vulnérables et de stabiliser la consommation ». Malgré les idées reçues, l'OIT souligne que la stratégie d'assainissement budgétaire n'est pas un remède proprement européen. En 2014, pas moins de 122 pays ont réduit leurs dépenses publiques, dont 82 pays en développement. Les mesures de consolidation budgétaire ont contribué à l'augmentation de la pauvreté dans de nombreux pays à hauts revenus, avec un effet sur le chômage et, en parallèle, la hausse des taxes. Le résultat est une consommation et une demande intérieure plombées ainsi qu'un ralentissement de la reprise.

Les chiffres relayés par l'OIT sont peu reluisants: dans l'UE, les coupes en matière de protection sociale ont contribué à accroître la pauvreté qui touche désormais 24% de la population « dont beaucoup d'enfants, de femmes, de personnes âgées et handicapées ». Au niveau mondial, c'est plus de 70% de la population qui n'a accès qu'à une couverture sociale partielle ou qui n'a pas de couverture du tout. Seuls 12% des chômeurs touchent des allocations de chômage (64% en Europe de l'Ouest) et 49% des personnes ayant dépassé l'âge de la retraite ne reçoivent aucune pension. Pour celles qui en touchent une, le niveau des pensions les laisse souvent en dessous du seuil de pauvreté. Pour les futurs retraités d'au moins 14 pays européens, les pensions seront rabotées. « La justification de la protection sociale est encore plus incontestable en cette période d'incertitude économique, de faible croissance et d'inégalités grandissantes », estime Sandra Polaski, directrice générale adjointe de l'OIT, qui ajoute que la communauté internationale devrait faire figurer cette question « en bonne place dans le programme de développement pour l'après-2015 ». (EL)

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