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Bulletin Quotidien Europe N° 11093
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) climat/Énergie

Oxfam appelle le G7 au sursaut pour la sécurité énergétique et alimentaire

Bruxelles, 03/06/2014 (Agence Europe) - Manger ou se chauffer, c'est le dilemme qui attend les populations pauvres en Europe, si l'Union européenne ne fait pas le choix d'objectifs ambitieux pour lutter contre le changement climatique et d'objectifs de bon sens pour assurer sa sécurité énergétique, a averti Oxfam international, mardi 3 juin. Son nouveau rapport intitulé « Fit for a Food and Energy Secure World ? » (Prêts pour assurer la sécurité alimentaire et énergétique du monde ?) met en garde contre une crise des prix de l'énergie, au moment même où les effets du changement climatique sur les importations alimentaires pourraient provoquer une flambée des prix alimentaires. Il est publié à dessein à la veille du sommet du G7, qui va débattre de la sécurité énergétique de l'Europe à l'heure où le futur cadre intégré Climat/Energie horizon 2030 est en discussion en vue d'un accord cette année.

Oxfam est préoccupé par l'hyperdépendance de l'Europe aux combustibles fossiles, en raison de leur contribution au changement climatique qui a déjà pour conséquence d'accroître la faim des populations les plus pauvres au monde. La crise en Ukraine et les tensions qui en résultent avec la Russie devraient servir d'aiguillon à l'Europe - qui importe la moitié de son énergie, principalement des combustibles fossiles - pour revoir son mix énergétique, souligne l'organisation. La Russie est le premier fournisseur de l'Europe tant en pétrole qu'en gaz, avec une facture moyenne de 250 euros par an par habitant en 2013. L'an dernier, l'Europe a dépensé 400 milliards d'euros pour l'importation de combustibles fossiles, soit plus d'un milliard par jour.

« Si l'Europe veut éviter l'augmentation des prix des carburants et des prix alimentaires et jouer le rôle qui devrait être le sien de leader mondial de la lutte contre le changement climatique, il est crucial que nous nous détournions des combustibles fossiles au profit d'objectifs ambitieux de réduction des émissions. Les dirigeants du G7 à Bruxelles peuvent donner du poids au bon sens en élaborant un programme de sécurité énergétique qui place au premier plan les économies d'énergie, l'énergie propre, abordable et renouvelable », commente Winnie Byanyima, directeur exécutif d'Oxfam International.

Oxfam affirme que l'Europe est à la croisée des chemins. Soit elle continue de dépendre des combustibles fossiles importés et opte pour des sources énergétiques polluantes et chères comme le charbon et le gaz de schiste, quitte à perdre une opportunité unique de s'attaquer au changement climatique et à engager les Européens sur la voie d'une augmentation des prix des carburants et des prix alimentaires, soit elle choisit une voie plus durable, en sortant de sa dépendance énergétique, en réduisant les prix et en aidant à prévenir le changement climatique qui affecte déjà la production alimentaire.

L'Europe est le plus grand importateur au monde de carburants et de denrées alimentaires. Le rapport d'Oxfam montre que, même si les gouvernements respectaient leurs objectifs en matière de climat et d'énergie pour 2020, la facture totale pour les importations de gaz et de pétrole atteindrait 500 milliards d'euros par an à l'horizon 2030 du fait de l'augmentation des prix. Dans le même temps, si le changement climatique se poursuit, la facture annuelle des importations alimentaires, actuellement de 100 milliards, pourrait s'accroître de plusieurs milliards d'ici à 2030. Jusqu'à 72% des importations alimentaires de l'UE (dont 70% des aliments pour animaux destinés à produire de la viande et des produits laitiers) proviennent de pays en développement particulièrement vulnérables au changement climatique.

De l'avis d'Oxfam, opter pour une politique énergétique compatible avec le climat - qui aidera à contrôler les prix et à garantir un approvisionnement alimentaire résistant aux changements climatiques - est crucial. Ce qui exige à la fois de tourner le dos à la production et à l'importation de combustibles fossiles, d'accroître l'efficacité énergétique et d'améliorer la capacité de production et d'approvisionnement en énergies renouvelables. Améliorer l'efficacité énergétique de 40% d'ici à 2030 permettrait d'économiser 239 milliards d'euros par an à l'horizon 2030, soit une économie moyenne de plus de 300 euros par an par ménage souligne le rapport. Partant, Oxfam appelle l'UE à s'accorder sur un cadre intégré Climat/Énergie 2030 qui l'engage à économiser 40% d'énergie, à porter l'utilisation durable de l'énergie renouvelable à 45% du mix énergétique et à réduire ses émissions d'au moins 55% (par rapport à 1990). (AN)

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