Bruxelles, 16/05/2014 (Agence Europe) - Inquiet par le climat post-électoral en ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, a exhorté le président macédonien, Gjorge Ivanov, réélu le 27 avril, à tendre la main à «tous les partis et tous les citoyens ». Il a souligné l'importance d'un dialogue constructif, engageant toutes les parties, dans l'intérêt du pays.
À l'issue d'une réunion avec le président macédonien, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a précisé que les deux leaders étaient d'accord sur le fait que « le dialogue et la coopération entre tous les partis politiques (devaient) être favorisés ». « Un processus inclusif et démocratique est d'une importance capitale pour assurer davantage la stabilité et le progrès », a-t-il ajouté. M. Van Rompuy s'est félicité des appels de M. Ivanov à surmonter les intérêts personnels et de partis. « Je l'ai encouragé à tendre la main à toutes les communautés et toutes les ethnies dans l'esprit de l'accord-cadre d'Ohrid », a-t-il ajouté.
Les nationalistes du VMRO-DPMNE ont largement remporté les scrutins législatif (43% des voix) et présidentiel mais l'opposition sociale-démocrate (23% des voix) a crié à la fraude et n'a pas reconnu la validité des élections.
MM. Van Rompuy et Füle ont rappelé les critiques concernant la couverture médiatique partiale et l'absence de séparation entre les activités de l'État et du parti au pouvoir lors des élections législatives. « Une société civile dynamique et des médias libres et indépendants sont de grands atouts dans tous les pays », a rappelé le président du Conseil européen, constatant l'organisation «efficace des élections ».
Et si l'ARYM a fait des « progrès substantiels » dans la mise en oeuvre des réformes importantes, des avancées restent à faire en matière de réforme judiciaire et de liberté des médias, a rappelé M. Van Rompuy.
Le commissaire Füle a exhorté le président à accorder une « importance particulière » à la résolution de la question du nom « Macédoine » avec la Grèce. « Un esprit de compromis et de souplesse est nécessaire pour trouver une solution négociée et mutuellement acceptable à la question du nom », a rappelé pour sa part M. Van Rompuy. « Même difficiles, les problèmes ne peuvent être résolus que si la volonté politique existe », a-t-il souligné. Le commissaire a salué les récents progrès dans les relations avec la Bulgarie.
Les relations de voisinage difficiles constituent une des raisons pour lesquelles les négociations d'adhésion ne sont pas ouvertes avec Skopje, candidate depuis décembre 2005.
M. Füle et M. Ivanov ont exprimé leur intention de se rencontrer de nouveau prochainement pour continuer cette discussion car « de nombreuses questions et défis doivent être abordés ». (CG)