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Bulletin Quotidien Europe N° 11081
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Comment les prochaines élections pourraient relancer l'unité communautaire

Une occasion pour l'Europe. Les trois principaux candidats à la présidence de la Commission européenne sont des personnalités de valeur indiscutable qui maitrisent les questions communautaires. J'ai même la sensation qu'ils s'estiment réciproquement, même si les appartenances politiques les séparent. Jean-Claude Junker pour le PPE, Martin Schulz pour les socialistes et Guy Verhofstadt pour les libéraux: trois passionnés de la construction de l'Europe, qui écrasent les quelques opposants à l'unité européenne et autres partisans du retour aux autonomies nationales.

Pourquoi rappeler une situation bien connue ? Pour souligner que ces trois candidats sont nécessaires, car ils représentent les principales forces politiques favorables à l'unité européenne, face aux eurosceptiques, qui sont à la mode. L'un présidera la Commission européenne, les deux autres auront en tout cas d'autres rôles importants. La campagne électorale va leur permettre d'être encore plus connus, et c'est positif car les gens ont besoin de visages. La querelle juridique, je la laisse de côté ; jusqu'à quel point le Conseil européen (institution à laquelle il reviendra de désigner le président de la Commission) est lié par le résultat des élections ou est libre de choisir, ce n'est pas là l'essentiel. Le point important est que Jean-Claude Juncker, Martin Schulz et Guy Verhofstadt soient tous au premier plan devant les opinions publiques, avec leurs caractères et convictions, mais chacun prêt à assumer des responsabilités européennes qui, à l'heure actuelle, ne sont pas toujours confiées à des personnalités ayant leurs mérites, qualités et autonomies.

Et les citoyens pourront choisir en connaissance de cause, car chacun de trois candidats a amplement exposé ses intentions et ses projets, avec clarté et franchise.

Écarts minimes. Les observateurs et les sondages soulignent qu'en fait deux groupes se disputent la majorité: a) le PPE, parti du centre, avec ses extensions aussi bien vers la gauche que vers la droite modérées ; b) le parti socialiste, avec lui aussi des pointes vers l'extrême gauche ou vers le centre. Selon les derniers sondages, l'écart est minime: 212 sièges pour le PPE, 209 pour les socialistes (EUROPE 11079). Ces sondages oscilleront encore et l'incertitude se prolongera jusqu'au 25 mai. En même temps, le groupe libéral, troisième parti qui préconise les progrès de l'unité européenne, pourrait obtenir 76 sièges. D'autres variations suivront, jusqu'au moment où il sera permis de les publier.

Le ton des campagnes électorales est élevé, du moins lorsque la parole est aux leaders. Jean-Claude Juncker a souvent affirmé que son objectif est effectivement celui de présider le Commission européenne, et pas le Conseil européen. La position de Guy Verhofstadt est compliquée, car les sondages indiquent que, malgré ses progrès, il ne pourra pas être vainqueur. C'est pourquoi il a exposé très amplement et sans réticences son programme, y compris les aspects qui pourraient lui procurer des difficultés. Par exemple, il s'est prononcé pour le siège unique du Parlement européen à Bruxelles, supprimant ainsi les fameux déplacements à Strasbourg, qui pèsent sur les dépenses de l'UE et compliquent l'activité parlementaire. En même temps, il a présenté un véritable « programme libéral en 15 points », très ambitieux et détaillé, qui comporte une Communauté énergétique européenne et la Commission européenne organisée en pôles, etc.

Pour la phase nouvelle. Les forces politiques pro-européennes pourront, au-delà des différentes orientations politiques, écraser les tendances opposées, qui entre-temps s'organisent. Mme Le Pen a trouvé dans quelques États membres des alliés avec lesquels elle pourra former au sein du PE un groupe politique avec pour but de démolir le projet communautaire en rétablissant les autonomies nationales.

Mais les forces favorables à l'Europe unie pourront, tout en respectant leurs différentes tendances, donner naissance à une phase nouvelle de la construction européenne, en surmontant ce scepticisme à la mode.

A Londres, on n'est pas d'accord. Le Royaume-Uni continue à rejeter la vraie unité européenne.

David Lidington, ministre anglais des Affaires européennes, en s'expriment mardi à Bruxelles, a rejeté tout rôle du Parlement européen dans la nomination du nouveau président de la Commission européenne: c'est une décision réservée au Conseil européen. Selon lui, le résultat des élections prochaines ne devrait pas influencer la nomination du nouveau président de la Commission.

Cette prise de position britannique n'a pas eu beaucoup d'échos (il s'est exprimé a l'Europe Policy Center), mais n'a pas échappé à notre EUROPE 11078. M. Lidington a demandé en outre de corriger le déficit démocratique de l'UE en attribuant à chaque parlement national la faculté de bloquer toute proposition de la Commission européenne qu'il estimerait non appropriée. N'oublions pas qu'un référendum national décidera en 2017 si Londres reste dans l'UE. Et sur le Continent on devrait attendre leur décision.(FR)

 

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